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La mairie de Kananga, au Kasaï-Central, s'apprête à relancer la perception de la taxe de stationnement des motos dans la ville. La question a été au centre d'une réunion tenue le week-end dernier…
Transformer la crise d'assainissement urbain en ressources vertes
Chaque matin, dans les rues de Kinshasa, les pousse-pousseurs sillonnent les quartiers comme des ouvriers de l'ombre. Ils ramassent les sacs d'ordures, traversent les avenues encombrées et accomplissent un travail essentiel pour la vie de la cité. Mais une question demeure : où finissent réellement ces déchets ? Et surtout, comment en faire une opportunité plutôt qu'un fardeau ?
C'est à cette intersection entre urgence et ambition qu'intervient Assainir Kinshasa, une dynamique nouvelle qui place la capitale sur la voie d'une transformation durable. Loin de se limiter à un constat d'insalubrité, le programme propose une vision positive : Kinshasa peut devenir propre, et elle est déjà en train de se transformer.
Pendant des années, 82 % des déchets ménagers ont été collectés par des acteurs informels, souvent dépourvus d'équipement, de formation et, surtout, de lieux de dépôt agréés. Une situation qui a favorisé l'apparition de ravins-poubelles, le colmatage des rivières et la multiplication de dépotoirs sauvages.
Assainir Kinshasa change la donne avec l'appui des Pays-Bas et UN Global Compact. Le programme réorganise la chaîne de collecte à sa source : création de stations de transfert proches des quartiers, orientation systématique vers des dépôts contrôlés, intégration progressive des collecteurs informels dans un circuit professionnel. Une révolution silencieuse, mais décisive : chaque déchet ramassé trouve désormais une destination sûre.
84% DES MENAGES DISPOSENT D'UN BAC D'ORDURES
La responsabilité citoyenne est un pilier essentiel de cette stratégie. Et un chiffre encourageant s'impose : 84 % des ménages disposent déjà d'un bac à ordures. Un atout crucial pour généraliser le tri à la source, réduire les volumes et valoriser les matériaux recyclables. Grâce à une communication de proximité, les gestes individuels deviennent une force collective.
Recyclage, compostage, transformation des plastiques, récupération des matériaux : derrière chaque déchet se cache désormais une opportunité économique. Le programme stimule l'émergence de micro-entreprises, d'emplois verts et de jeunes filières industrielles capables de transformer les rebuts en ressources. C'est la preuve que la propreté peut devenir un moteur de croissance locale.
La réussite du programme repose sur l'alliance de toutes les forces de la ville. Le secteur public fixe un cap clair. Le secteur privé apporte expertise et innovation. Les collecteurs informels sont reconnus et accompagnés. Les quartiers se mobilisent, les familles s'engagent, les jeunes s'impliquent.
Assainir Kinshasa n'est plus seulement un projet d'assainissement : c'est un mouvement citoyen, un élan collectif qui redonne confiance et fierté.
Kinshasa affronte encore des défis immenses, mais elle possède une ressource inestimable : sa population, résiliente et débordante d'initiative. Avec une stratégie structurée, une communication positive et une mobilisation unie, la capitale avance vers une véritable révolution verte.
Chaque pousse-pousseur, chaque ménage, chaque municipalité et chaque jeune entreprise de recyclage participe déjà à cette transformation. Assainir Kinshasa, c'est offrir souffle, dignité et harmonie à la ville. C'est la démonstration qu'une capitale peut se relever, se réinventer… et briller.
J.A