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La phrase « To changer lingomba kasi Nzambe te ! » est un mélange de beaucoup de mots en lingala et d’un seul en français. Les Kinois, habitants de la capitale du pays, aiment bien s’exprimer ainsi, dans un langage parfois argotique incompréhensible.
«To changer» peut avoir…
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Au-delà du lisible : " Patron alobi totikela ye temps ! B'ennemis bakozua vertige !! "
" Patron alobi totikela ye temps ! B'ennemis bakozua vertige !! " ''Le patron dit qu'on lui laisse le temps ! Les ennemis auront du vertige !!'' est la version française de " Patron alobi totikela ye temps ! B'ennemis bakozua vertige !! " Ce message comporte des zones d'ombre qu'il n'est pas facile de percer. Cependant, des questions peuvent nous aider à tenter de lever ces zones d'ombre.
Disons quelque chose sur le mot ''vertige'', en lingala ''kizunguzungu''. Ici, lorsqu'on dit de quelqu'un, dans le contexte kinois, ''azui vertige'', c'est qu'un problème survenu lui fait mal, à l'image d'une personne atteinte de vertige au sens propre du mot.
Une précision est de taille pour nos lecteurs qui ne sont pas des lingalaphones. ''B'ennemis'' est un mot issu des deux mots ; ''ba'' et ''ennemis'' qui ont subi une élision pour donner ''B'ennemis''. Ainsi entend-t-on des élidés comme ''côt'oyo'' pour ''côté oyo'' ; ''mbul'oyo'' (mbula oyo), pour cette année ou cette pluie ; ''lip'esili'' ; ''map'ekatani''(lipa esili, mapa ekatani) pour le pain est fini, les pains sont coupés… A chacun de rallonger la liste.
Les locuteurs du lingala, surtout les Kinois de naissance, aiment bien les élisions ; l'élision étant la suppression ou l'effacement de la voyelle finale (a, e ou i) d'un mot devant un h muet ou un mot commençant par une voyelle. L'apostrophe est le signe graphique aidant à marquer cette élision.
Lorsque le messager déclare que le patron dit de lui accorder le temps, on est en droit de se demander pourquoi et à qui il sollicite cette ''trêve''. Pour résoudre quel problème en lien avec les ennemis qui auront du vertige ? En clair, y a-t-il un lien entre notre patron et les ennemis, ou le temps que le patron sollicite a-t-il un lien direct avec ces ennemis ? Est-il possible ou vrai pour le patron d'avoir sollicité le temps pour s'occuper des ennemis ? En quoi va-t-il s'occuper d'eux ? En ayant plus d'argent ou de moyens ?
Le message nous paraît si sibyllin qu'il est difficile de répondre à toutes ces questions, alors que ces réponses nous aideraient à percer le mystère caché dans cette communication livrée par l'un des philosophes du temps moderne.
Essayons seulement de conjecturer sur les réponses à réserver à nos propres questions. Si le patron a sollicité qu'on lui laisse le temps, c'est probablement pour s'occuper de ses ennemis qui, in fine, vont avoir du vertige. Et que sous-entend un Kinois lorsqu'il vous dit que vous allez avoir du vertige. ?
Kléber KUNGU