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Opération « Zéro shégué « à la Gombe : A quoi s’attendre cette fois ?
La Police nationale congolaise vient de lancer une énième opération contre les enfants en rupture avec la famille communément appelés «Shégués». Cette opération intervient après les affrontements ayant opposé deux gangs dans un coin huppé de la commune de la Gombe, siège des institutions nationales, considérée comme la plus sécurisée de la capitale. Ces enfants hors-la-loi ne se sont pas empêchés de poser cet acte répréhensible, défiant ainsi l’autorité légalement établie.
Le triste événement a eu lieu devant la Galerie Fontaine où deux gangs de Kuluna se sont entrés dedans, provoquant la panique dans le périmètre de ce chic lieu. Informé, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, s’est vu obliger d’ordonner une enquête et un renforcement du dispositif sécuritaire dans cette zone stratégique de la capitale. L’objectif de cette opération baptisée «Zéro shégué dans la commune de la Gombe» vise à mettre fin aux attroupements et violences de ces jeunes délinquants, dont certains ont été filmés en train de se battre dans les rues du centre-ville.
Désordre en connivence avec les Kuluna
L’initiative a pour cible principale les enfants ayant déserté leur famille et élu domicile dans les rues, où ils perturbent l’ordre public en connivence généralement avec les voyous de grand chemin connus, les tristement célèbres Kuluna.
Bien que les éléments de la police ont été aperçus avant hier mardi 12 août en train de procéder à l’arrestation de plusieurs d’entr’eux, d’aucuns doutent de la réussite totale de cette opération, la énième du genre, parce que les précédentes n’ont pas produit les résultats escomptés, à moins que, cette fois-ci, que les autorités fassent preuve de détermination pour ne pas connaître le feu de paille tel qu’on a connu les années antérieures.
Pour mémoire, le gouvernement a déjà mené pareille activité dans le passé, notamment pour faire déguerpir les vendeurs pirates sur la voie publique, mais deux ou trois jours après, ces gangs sont revenus sur le lieu au vu et au su de ceux qui les ont chassés. D’où le doute émis par plusieurs Kinois sur le succès de cette nouvelle tentative.
Déterminer les causes
Face à ces ratés, il y a lieu de déterminer leurs causes pour changer de fusil d’épaule. Il y a lieu de savoir si les éléments de la police sont suffisamment motivés pour la réalisation de la mission leur confiée. Ici la motivation ne doit pas seulement être vue sous l’angle matériel mais aussi sous l’angle de la justification et du bien-fondé du déguerpissement forcé de ces inciviques qui mettent mal à l’aise les paisibles citoyens qui vaquent librement à leurs occupations.
En outre, on constate que certains éléments envoyés dans ce type d’opération se laissent corrompre par ceux qui sont en contradiction avec la loi pour les laisser tranquilles malgré leur désordre. C’est pourquoi, avant leur descente sur le terrain, ces agents de l’ordre doivent être sensibilisés et moralisés pour éviter les dérapages.
Par ailleurs, les Kinois souhaitent que cette même opération soit étendue à toutes les communes de la capitale où ces gangsters se conduisent comme dans un territoire conquis. Le VPM de l’Intérieur et le gouverneur de la Ville devraient savoir que certains coins sont invivables à cause de l’insécurité provoquée par ces malfrats qui se croient tout permis. Ainsi, pour mettre fin à ce qui ressemble à une jungle, il faut recourir à des manières fortes pour éradiquer tant soit peu ce phénomène shégué-kuluna, qui se dresse comme une épine dans le pied du gouvernement.
Muke MUKE