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VIH : la baisse de l'aide internationale en Afrique fragilise les acquis
Le continent africain se trouve à un tournant malheureux dans la lutte contre le VIH/sida, les progrès sanitaires enregistrés depuis plus d'une décennie sont fragilisés par la baisse de l'aide internationale et le poids croissant de la dette publique, estime un rapport du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (OnuSida).
Les pays africains se consacrent davantage au service de leur dette qu'à leur budget de santé, ce qui limite leur capacité à financer la prévention et le traitement.
En 2025, quelque 41 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, dont plus de 26 millions en Afrique subsaharienne, qui demeure l'épicentre mondial de l'épidémie.
Pour l'OnuSida, l'éradication du Sida comme menace de santé publique d'ici à 2030 reste un objectif atteignable. Mais sa réalisation dépendra de la capacité des pays à préserver les acquis, à renforcer les initiatives locales et à alléger les contraintes financières qui pèsent sur les États africains.
Les nouvelles infections ont chuté de près de 60 % depuis 2010 en Afrique subsaharienne, des progrès qualifiés d'« historiques » par l'agence onusienne. La région concentre toutefois encore environ la moitié des 8,8 millions de personnes dans le monde qui n'ont toujours pas accès durablement aux traitements.
En 2025, quelque 1,2 million de nouvelles infections ont été recensées dans le monde, dont près de la moitié en Afrique subsaharienne.
Par ailleurs, l'aide internationale au développement a chuté de 23 % en 2025, un recul qui expose particulièrement l'Afrique subsaharienne. Selon l'OnuSida, la région a historiquement couvert 83 % du coût de ses programmes de prévention grâce à ces financements extérieurs.
À ce choc financier s'ajoute le poids croissant de la dette souveraine. 28 pays africains se consacrent désormais davantage au remboursement de leur dette publique qu'au financement de la santé de leur population, peut-on lire dans le rapport.
LES INÉGALITÉS DE GENRE
En Afrique de l'Ouest et centrale, le service de la dette représente en moyenne, dans certains pays, 5,5 fois les montants alloués à la santé, ce qui réduit d'autant les marges de manœuvre pour financer la lutte contre le VIH.
Les inégalités de genre demeurent aussi un puissant moteur de l'épidémie en Afrique subsaharienne. Les adolescentes et les jeunes femmes y subissent environ 3.000 nouvelles infections chaque semaine, avec un taux d'incidence trois à quatre fois supérieur à celui des hommes du même âge.
La situation s'aggrave également dans le nord du continent, où la région Afrique du Nord et Moyen-Orient a enregistré une hausse de 77 % des nouvelles infections entre 2010 et 2025.
Sur le plan médical, le lénacapavir, traitement préventif injectable à longue durée d'action, commence à être déployé sur le continent. Fin mars 2026, plus de 6.000 personnes en bénéficiaient déjà en Eswatini, au Kenya, au Nigeria, en Zambie et au Zimbabwe.
Sur le plan politique, l'Union africaine a lancé un nouveau Fonds africain pour les épidémies, assorti d'une feuille de route jusqu'en 2030, afin de renforcer la coordination régionale.
Fyfy Solange TANGAMU