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Sanctions américaines : Joseph Kabila porte l’affaire devant la justice fédérale du pays de l’Uncle Sam
L’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, conteste devant la justice américaine les sanctions prises contre lui par Washington. Il les juge non fondées. D’après les informations rapportées par la presse spécialisée américaine, sa plainte a été déposée le 04 août courant devant le Tribunal fédéral du district de Columbia, avec l’Office of Foreign Assets Control (Ofac) et son directeur comme défendeurs.
La défense de l’ancien Chef de l’État estime que les accusations formulées par Washington restent trop générales et ne démontrent pas suffisamment, selon elle, l’existence d’un soutien financier, matériel ou technologique au profit de l’AFC/M23.
L’un des arguments avancés porte également sur la présence de Joseph Kabila à Goma dans la province du Nord-Kivu. La défense de l’ancien président de la RDC (2001-2018) soutient que le fait d’avoir séjourné dans une ville contrôlée par l’AFC/M23, ou d’avoir été aperçu aux côtés de responsables de cette coalition, ne constitue pas, à lui seul, une preuve de soutien matériel au mouvement.
AU CŒUR DES TENSIONS
Cette procédure intervient alors que Joseph Kabila reste au cœur des tensions politiques et sécuritaires en RDC. Le Trésor américain affirme, de son côté, disposer d’éléments selon lesquels le Président honoraire aurait apporté un soutien financier à l’AFC et encouragé des militaires congolais à rejoindre ses forces.
Les mesures de sanction prévoient notamment le gel des avoirs de Kabila aux États-Unis, ainsi qu’une interdiction formelle pour toute personne ou entité américaine d’entretenir des relations d’affaires avec lui.
Selon certains observateurs de la scène politique congolaise, ces sanctions transforment profondément les équilibres géopolitiques autour de la crise congolaise sur fond d’une arme économique et financière redoutable, de surcroît une marginalisation stratégique sur la scène mondiale.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des Accords de Washington pour la paix signés en décembre 2025 entre la RDC et le Rwanda.
Kinshasa rappelle que Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace par la justice militaire congolaise pour trahison et crimes de guerre.
La procédure engagée aux États-Unis ne suspend pas automatiquement les sanctions. Joseph Kabila devra convaincre la justice américaine que la décision de l’Ofac repose sur une base juridique ou factuelle insuffisante.
UN SOUTIEN FINANCIER À L’AFC/M23
Pour l’heure, l’ancien président demeure inscrit sur la liste des personnes sanctionnées par l’Ofac avec des restrictions visant notamment les avoirs relevant de la juridiction américaine. Cette bataille judiciaire ouvre ainsi un nouveau front dans le dossier Joseph Kabila, désormais confronté aux accusations de Washington tout en contestant leur bien-fondé devant les tribunaux américains.
Sur le plan politique, un dialogue national est annoncé par l’actuel chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Mais sa date, son format et les différents participants ne sont pas encore connus. Une grande partie en appelle à un Forum national inclusif avec notamment Joseph Kabila, l’AFC et le M23 comme partie intégrante.
Le 30 avril dernier, le département américain du Trésor, à travers l’Ofac, avait inscrit Joseph Kabila sur sa liste des personnes sanctionnées.
Washington l’accuse notamment d’avoir apporté un soutien financier à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au M23, et de chercher à déstabiliser le gouvernement congolais.
Gloire BATOMENE