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ÉDUCATION : L'Unesco et le Japon appuient une nouvelle chance éducative pour les enfants hors cursus formel
Le Gouvernement de la RDC, avec l'accompagnement technique de l'Unesco et l'appui financier du Gouvernement japonais, a lancé jeudi 13 août 2026 à Kinshasa le Projet d'intégration des enfants non scolarisés dans l'enseignement formel par l'apprentissage accéléré (PIEEFA), une initiative destinée à offrir une seconde chance éducative aux enfants et adolescents restés en dehors du système scolaire ou ayant interrompu prématurément leur parcours.
En RDC, environ 6,6 millions d'enfants sont hors de l'école, selon les éléments présentés lors de cette cérémonie. À l'échelle mondiale, le nombre d'enfants et de jeunes non scolarisés est estimé à 272 millions, tandis que la RDC compte également environ 130.000 enfants supplémentaires confrontés à la non-scolarisation dans le cadre des facteurs aggravants identifiés.
D'après M. Albert Lubanzadio, point focal du projet, le PIEEFA entend apporter une réponse concrète à cette situation à travers la mise en place d'un programme d'apprentissage accéléré permettant aux enfants ayant accumulé un retard scolaire de rattraper les apprentissages essentiels et de réintégrer progressivement l'enseignement formel.
« Une interruption de scolarité ne doit pas devenir définitive. Les conflits armés, les déplacements de populations, la pauvreté, l'éloignement des infrastructures scolaires, les catastrophes naturelles et les difficultés d'apprentissage constituent autant de facteurs qui éloignent encore de nombreux enfants de l'école », a-t-il souligné.
UNE SECONDE CHANCE POUR LES ENFANTS VULNÉRABLES
La Représentante a.i. de l'Unesco en RDC, Mme Fatoumata Marega, a insisté sur la dimension humaine du projet car aucun enfant ne devrait voir son avenir compromis parce qu'il a été, à un moment de son parcours, éloigné de l'école.
« Lui offrir une seconde chance d'apprendre, c'est lui redonner des perspectives, mais c'est aussi investir dans l'avenir de sa communauté et de son pays », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que les enfants concernés ont souvent connu des parcours caractérisés par les conflits, les déplacements forcés ou les difficultés économiques et sociales. Le projet accorde également une attention particulière aux filles et aux autres catégories d'enfants vulnérables.
Mis en œuvre par l'Unesco à travers son Institut international pour le renforcement des capacités en Afrique (IICBA), avec le soutien financier du Gouvernement du Japon, le projet est prévu pour une période de 36 mois, de 2026 à 2029, et concerne également le Nigeria et le Soudan du Sud.
En RDC, les zones d'intervention prioritaires identifiées sont Kinshasa, le Tanganyika et la Tshopo.
RENFORCER LE SYSTÈME ÉDUCATIF
Au-delà de la réintégration des enfants dans l'école, le PIEEFA vise à renforcer durablement les capacités du système éducatif national.
Le projet prévoit notamment le renforcement des capacités des écoles, la formation des enseignants, la mise à disposition de matériels pédagogiques adaptés ainsi que la création d'environnements d'apprentissage inclusifs, sûrs et protecteurs.
Un volet consacré au bien-être des enfants est également prévu, avec notamment des espaces sûrs, un soutien psychosocial, le développement des compétences de vie ainsi que la fourniture de kits scolaires et d'hygiène.
Selon Mme Marega, le projet poursuit trois ambitions majeures à savoir : réintégrer les enfants non scolarisés et déscolarisés dans le système éducatif formel à travers un Programme d'Apprentissage Accéléré ; renforcer les capacités des écoles afin qu'elles offrent des environnements d'apprentissage inclusifs, sûrs et adaptés aux besoins spécifiques des enfants vulnérables ; et appuyer l'institutionnalisation et la pérennisation du modèle d'apprentissage accéléré au sein du système éducatif national.
L'ambition est donc de faire du modèle développé à travers le PIEEFA une approche susceptible d'être progressivement appropriée par les institutions nationales et intégrée aux mécanismes du système éducatif congolais.
Le représentant de l'ambassade du Japon en RDC a, pour sa part, réaffirmé l'importance accordée par son pays à l'éducation dans le cadre de la coopération avec la RDC.
« L'éducation est un droit fondamental et l'un des piliers déterminants pour bâtir une société. Offrir une seconde chance d'accéder à une éducation de qualité est une opportunité à saisir », a-t-il déclaré.
Le diplomate japonais a expliqué que son pays entend contribuer à permettre aux enfants concernés de rattraper leur retard scolaire par ce programme, tout en renforçant la qualité des apprentissages au sein du système éducatif national.
Il a également insisté sur la nécessité de lutter contre l'exclusion sociale en permettant aux bénéficiaires d'acquérir des compétences de base et des savoir-faire essentiels.
Du côté du Gouvernement congolais, l'initiative rentre dans les efforts visant à renforcer le capital humain, réduire les inégalités et garantir l'accès de tous les enfants à une éducation inclusive, équitable et de qualité, conformément à l'Objectif de développement durable numéro 4 consacré à l'éducation.
Lançant ce projet, la ministre des Affaires sociales, Ève Bazaiba a notamment salué l'appui de l'Unesco et du Gouvernement japonais, estimant que l'apprentissage accéléré constitue une réponse adaptée aux enfants ayant connu une rupture dans leur parcours éducatif.
« L'apprentissage accéléré constitue à cet égard une réponse pédagogique, un véritable outil d'équité et d'inclusion sociale. Il permet à l'enfant qui a connu une rupture dans son parcours éducatif de rattraper des apprentissages essentiels, de reconstruire progressivement son parcours et de retrouver sa place dans l'école », a-t-elle indiqué.
Le Gouvernement souhaite que le projet contribue à l'institutionnalisation de l'apprentissage accéléré dans les politiques et mécanismes nationaux.
DE MBANZA-NGUNGU AU LANCEMENT DU PROJET
La cérémonie de lancement est intervenue après les travaux préparatoires organisés du 2 au 5 août 2026 à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central.
Cet atelier technique a réuni les différents acteurs impliqués dans le projet afin de définir les modalités de sa mise en œuvre, d'identifier les zones prioritaires et de renforcer les mécanismes de coordination entre les institutions, les partenaires techniques et financiers, la société civile et les communautés.
Pour l'Unesco, cette étape a permis de passer de la réflexion à l'action, avec une ambition centrale : celle de ramener vers l'apprentissage les enfants qui en ont été privés et leur permettre, progressivement, de retrouver le chemin de l'enseignement formel.
Tricya MUSANSI