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CCAPAC - Grand Tambour : le personnel conteste les nominations du ministère de la Culture et réclame trois mesures
Le personnel du Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC - Grand Tambour) a contesté la démarche du ministère de la Culture, Arts et Patrimoine visant à installer de nouveaux responsables au sein du Centre. Il estime qu’elle porte atteinte à son autonomie administrative et à son fonctionnement institutionnel.
Lors d’une conférence de presse organisée, le week-end dernier, au Grand Tambour, les représentants du personnel ont dénoncé la décision du ministère de procéder à l’installation de directeurs et agents désignés par des arrêtés ministériels datant des 7 et 10 juillet 2025. Pour eux, les nominations au sein du Centre doivent respecter les mécanismes propres à cet établissement et ne peuvent être décidées unilatéralement par la tutelle.
« Nous voulons une bonne et franche collaboration avec le ministère de la Culture », a déclaré Christine Ndele, chargée de la communication interne du Grand Tambour.
Elle a appelé les autorités à privilégier la concertation afin de sortir de la situation administrative actuelle.
TROIS DEMANDES PRINCIPALES
Face à ce qu’ils considèrent comme une démarche irrégulière, les agents ont formulé trois demandes principales.
La première porte sur l’officialisation du décret révisé du CCAPAC. Selon les représentants du personnel, le texte portant organisation et fonctionnement du Centre aurait déjà fait l’objet d’un examen avec la tutelle. Ils souhaitent sa publication officielle afin de clarifier définitivement le cadre juridique dans lequel le Grand Tambour doit fonctionner.
« Ce décret a été revu avec la tutelle. Nous demandons simplement son officialisation pour ne pas vivre dans l’irrégularité ou dans le faux », a expliqué Rémy-Césaire Tshamala Dinanga, responsable du Programme Média.
La deuxième revendication concerne la mise en place régulière de la direction générale et du conseil d’administration, à travers les actes de nomination prévus à cet effet. Le personnel estime que la clarification des organes dirigeants constitue un préalable à une gestion stable du Centre.
La troisième demande est la suppression des arrêtés ministériels ayant désigné de nouveaux responsables au sein du Grand Tambour. Les agents contestent le principe d’une nomination opérée directement par le ministère de la Culture et soutiennent que le Centre, compte tenu de son autonomie administrative, doit pouvoir gérer ses nominations dans le respect de son cadre institutionnel.
« Nous réclamons trois choses essentielles : l’officialisation du décret qui a été revu, l’ordonnance de nomination de la direction générale et du conseil d’administration ainsi que la suppression des arrêtés de la ministre », a déclaré Rémy-Césaire Tshamala.
DELAI JUGE TRÈS COURT ET ABSENCE DE CONCERTATION
Cette prise de position intervient après une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine adressée à la Direction générale du CCAPAC. Celle-ci lui demande de procéder à l’installation des responsables désignés. Le personnel avait dénoncé le délai jugé trop court et l’absence de concertation préalable.
Les agents estiment également que certains responsables désignés par les arrêtés ministériels travaillent déjà dans d’autres institutions publiques et ne seraient pas familiers avec le fonctionnement du Grand Tambour.
« Ces directeurs nommés par le décret modifié travaillent pour d’autres institutions de la République et ne connaissent pas le CCAPAC », a soutenu le représentant du personnel.
Pour les agents, il ne s’agit donc pas de défendre des titres ou des postes, mais de préserver la stabilité institutionnelle du Centre et les droits des travailleurs qui y exercent effectivement leurs fonctions.
La situation des 221 agents également soulevée
Le personnel a profité de cette conférence de presse pour revenir sur la situation des 221 cadres et agents dont la liste avait été transmise par le CCAPAC en juin 2025.
Selon les représentants du personnel, ces agents assurent depuis l’ouverture du Centre les activités administratives, techniques, artistiques et culturelles, alors que leur prise en charge salariale par l’État demeure un sujet de préoccupation. Le personnel demande ainsi une vérification contradictoire de toutes les situations administratives et salariales avant toute modification des listes de paie. Cette revendication figure également dans le communiqué rendu public par le CCAPAC.
« Tous les 221 travailleurs ne sont pas remplacés, mais nous ne travaillons pas pour les titres et fonctions. Nous avons une responsabilité envers tous les agents du CCAPAC », a précisé Rémy-Césaire Tshamala.
LES AGENTS OUVERTS AU DIALOGUE
Après près de 18 mois de difficultés administratives et salariales, le personnel appelle les autorités à mettre fin à ce qu’il considère comme un flou institutionnel préjudiciable au fonctionnement du Grand Tambour.
Il demande la tenue urgente d’une concertation réunissant les différentes parties concernées afin de clarifier les compétences, les nominations, le cadre organique et la situation des agents.
« Les choses doivent se faire dans un climat de paix et de collaboration », a insisté le personnel.
Tout en contestant la procédure engagée, les agents disent rester ouverts au dialogue avec le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine. Ils souhaitent que la situation soit réglée dans le respect du cadre légal du Centre, de son autonomie administrative et des droits des travailleurs, afin de permettre au Grand Tambour de poursuivre normalement sa mission culturelle.
Tricya MUSANSI