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«Bouger pour changer» : un projet artistique pour renforcer la créativité des jeunes chorégraphes congolais
Le projet artistique «Bouger pour changer» s’impose comme une initiative ambitieuse visant à renforcer la qualité créative des jeunes chorégraphes congolais. Présenté lors d’une conférence de presse tenue le week-end dernier au centre culturel "Ntongo elamu" de Kinshasa, ce programme de formation offre aux danseurs et chorégraphes des outils professionnels pour perfectionner leur art et structurer leur travail.
Conçu pour pallier le manque de formations de qualité dans le domaine de la danse à Kinshasa, «Bouger pour changer» mise sur une pédagogie approfondie, centrée sur la transmission de savoirs essentiels à la mise en scène et à la dramaturgie chorégraphique.
«Ce projet a été destiné aux jeunes chorégraphes congolais afin de renforcer leur créativité et leur offrir des outils pour mener à bien leur travail artistique, notamment dans la danse», a expliqué Jackson Lohanga, directeur artistique adjoint du projet.
Loin des formations éphémères, ce programme s’étend sur plusieurs semaines et accueille six danseurs de Kinshasa, dont certains n’ont pas suivi un parcours classique dans une école de danse. L’objectif est de les accompagner dans leur évolution, tout en consolidant leurs propres structures artistiques.
«Nous avons fait appel à des formateurs professionnels pour transformer ces jeunes chorégraphes. Ce fut une opportunité unique pour eux», a souligné Lohanga.
Un apprentissage axé sur la dramaturgie chorégraphique
Le projet met un accent particulier sur la dramaturgie chorégraphique, un aspect souvent négligé dans les spectacles de danse en RDC. Le formateur et chorégraphe Christian Mwalu a ainsi partagé son expertise en matière de construction narrative dans un spectacle chorégraphique.
«Nous avons enseigné aux danseurs comment structurer un spectacle, comment raconter une histoire à travers le corps et la mise en scène», a-t-il précisé.
Parmi les bénéficiaires, Indrick Masaku, danseur et chorégraphe, témoigne de l’impact de cette formation sur sa vision artistique. «Avant, dit-il, je pensais qu’une histoire se racontait uniquement par une saynette. Grâce à ce projet, j’ai découvert qu’il existe différentes façons de narrer un spectacle avec la dramaturgie, en structurant les éléments au début, au milieu ou à la fin».
Inscrit dans le cadre du festival «Rencontre des danseurs de Kinshasa», le projet «Bouger pour changer» bénéficie du financement de l’Initiative «Construire Ensemble» et de l’Ambassade de France en RDC.
Le programme a débuté le 3 janvier 2025 et se poursuivra jusqu’aux 14 et 15 février 2025, avec une projection de film documentaire et des spectacles au Tarmac des auteurs à Kinshasa.
Un projet porteur
Au-delà de la formation technique, «Bouger pour changer» se veut aussi un moyen d’expression sociale. Selon Jackson Lohanga, la danse est un langage universel capable de transcender les barrières culturelles et tribales.
«Nous voulons créer des spectacles qui reflètent la réalité sociale congolaise, en utilisant l’art pour toucher les cœurs et les esprits», a-t-il conclu.
Grâce à cette initiative, la scène chorégraphique congolaise se dote d’un tremplin pour une nouvelle génération de créateurs, mieux outillés pour faire rayonner la danse congolaise à l’échelle nationale et internationale.
Tricya MUSANSI