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Lubumbashi : des enfants en rupture de liens familiaux reviennent quelques jours après une opération du gouvernement
L’opération visant à transférer les enfants en rupture de liens familiaux vers le centre Lukuni, situé à plusieurs dizaines de kilomètres de Lubumbashi, n’aura produit que des résultats éphémères. Quelques jours après leur évacuation, ces enfants ont de nouveau investi plusieurs coins de la ville, parfois en nombre plus important.
Les grands carrefours de Lubumbashi sont à nouveau fréquentés par ces enfants communément appelés «vagabonds». Ils sont notamment visibles à la place de la Poste, autour du monument de l’ancien Premier ministre Moïse Tshombe, le long de l’avenue Kasavubu ainsi qu’au rond-point 24 Heures, aux abords du Tunnel-Bel-Air.
Selon plusieurs témoignages, ces enfants, filles et garçons de différents âges, s’adonnent à la mendicité, mais aussi à des actes d’intimidation et de menace, notamment à l’encontre des étudiants près de l’arrêt Kasapa pendant la journée. En soirée, plusieurs passagers rapportent également des cas de violences et d’extorsions dont ils auraient été victimes.
Cette situation suscite la peur et alimente un sentiment d’insécurité au sein de la population.
Un coup de balai éphémère de la ministre du Genre
À la veille de la visite du président de la République, Félix Tshisekedi, à Lubumbashi, fin juillet dernier, la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Coco Kanku Lukengu, avait procédé à l’évacuation de plusieurs enfants en situation de rue.
Au moins 300 enfants avaient été escortés vers le centre Lukuni pour leur prise en charge. La ministre avait alors assuré que les conditions d’hébergement avaient été aménagées afin de leur offrir un cadre de vie adapté.
Cependant, plus de deux semaines après cette opération, ces enfants ont regagné leurs lieux de rassemblement habituels au centre-ville de Lubumbashi.
Consécutivement à leur retour, des cas d’agressions physiques et d’extorsions sont à nouveau signalés dans plusieurs endroits de la ville, ravivant les inquiétudes sur une probable résurgence du banditisme urbain.
Cette situation relance ainsi la question de l’efficacité et de la durabilité des mesures prises pour encadrer les enfants en rupture de liens familiaux à Lubumbashi.
Patient Mubiayi MBY, à Lubumbashi