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Filles aînées et culture congolaise, «La Table des Yaya» réécrit l’héritage à Kinshasa
Derrière le statut de la fille aînée, communément appelée « Yaya » dans plusieurs cultures africaines, se cachent fréquemment des histoires de responsabilités précoces, de sacrifices silencieux et d’attentes écrasantes. C’est pour briser ce silence que le concept socio-culturel « La Table des Yaya » a organisé sa deuxième édition mercredi 29 juillet à Kinshasa.
Portée par Bitshilualua Kabeya, connue sous le nom de Bitshiluxe, l’initiative a proposé un cadre intimiste pour faire entendre des voix trop souvent invisibles, celles des filles aînées, piliers silencieux de nombreuses familles.
Réunie en petit comité, la rencontre visait à créer un lieu d’échange et de reconnaissance.
« En tant que fille aînée, j’ai aujourd’hui la force de partager mon histoire pour mettre en lumière ces responsabilités familiales, sociales et culturelles, souvent invisibles », a expliqué Mme Kabeya.
Selon elle, le rôle de fille aînée porte une lourde charge émotionnelle et symbolique dont on parle encore trop peu.
A l’entendre, ce concept invite également à dépasser les stéréotypes , accompagner, protéger, conseiller ou prendre soin des autres souvent au détriment de ses propres besoins pour explorer la condition des filles aînées dans toute sa complexité.
« C’est un espace de parole, de transmission et de réconciliation, où l’on apprend à poser un regard plus doux sur soi-même et sur les autres », a ajouté l’initiatrice.
Elle a en outre précisé que, derrière les attentes extérieures, il y a parfois des exigences que ces femmes se sont elles-mêmes imposées.
TROIS AMBITIONS DE LA TABLE DE YAYA
Ce projet s’articule autour de trois objectifs à savoir: reconnaître et valoriser les parcours des filles aînées, créer un espace de dialogue et construire une mémoire collective féminine.
Après un premier acte tenu en mai 2026 à Anvers, en Belgique, cette escale kinoise est un retour aux sources pour La Table des Yaya.
« La Table des Yaya est là pour libérer ces récits, honorer nos parcours et transformer des vécus individuels en une mémoire collective faite de force, de résilience et d’héritage », a conclu Bitshiluxe.
Tricya MUSANSI