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AVEC L'IMPLANTATION DU PROJET PIFORES, Luozi : chefs de secteurs, de groupements, société civile… sensibilisés à la plantation des forêts et à la restauration des savanes
Ils étaient près de 90 participants à suivre une session d'information organisée, hier mardi 1er septembre, à Luozi, grâce au concours du Centre régional d'appui et de formation au développement (CRAFOD).
L'objectif affiché : sensibiliser les chefs de secteurs, les chefs de groupements, la société civile (Églises locales), les institutions locales, les partis politiques… au nouveau projet intitulé Programme d'investissement pour la forêt et la restauration des savanes (Pifores), du Gouvernement financé par la Banque mondiale.
Par ce programme, le Crafod entend aider les communautés de base locales à améliorer, via l'agroforesterie et la foresterie communautaire, l'aménagement du territoire et la gouvernance des ressources naturelles.
Aussi à restaurer les paysages forestiers et les savanes dégradées ; renforcer les moyens de subsistance et les revenus des communautés locales, en particulier les femmes et les jeunes, ainsi que lutter contre le changement climatique et réduire les émissions liées à la déforestation (cadre REDD+).
« PRENDRE SOIN DE LA CRÉATION DE DIEU »
Une sensibilisation que la pasteur Nelly Matondo, de la Communauté évangélique du Congo (CEC), a bien entamée par sa prédication tirée du livre de Genèse 2:15, sous le thème : « Prendre soin de la création de Dieu ».
Elle a insisté sur la nécessité de garder, de protéger la nature, les forêts, les savanes, bref, l'environnement naturel qui constitue la création de Dieu.
La révérende a fustigé le comportement que les humains affichent devant cette création en se livrant à son pillage, à son exploitation à outrance...
Pour Nelly Matondo, par son comportement, sa façon de gérer la nature, l'homme se considère comme propriétaire, alors qu'il n'est qu'un simple gestionnaire, le véritable gestionnaire étant le Créateur.
Elle a invité les participants à s'impliquer à l'initiative du Crafod, à prendre conscience des ravages que les humains ont faits sur l'environnement pour que Dieu puisse aussi nous restaurer à travers le Crafod.
Dans son mot d'ouverture, l'administrateur du territoire de Luozi, Célestin Lusiama, a salué la présence de Pifores qui apporte des solutions mais aussi des problèmes en termes des attentes au sein de la population.
« Nous voulons des forêts qui doivent rendre nos populations sédentaires. À la place de sortir à Songololo car cette population est restée réceptive en matière de développement », a déclaré le numéro un du territoire de Luozi.
Dans la foulée, Célestin Lusiama a félicité l'ingénieur Mansinsa pour le grand travail qu'il avait réalisé dans le cadre du Projet de développement agricole et forestier (Prodaf) de la Communauté évangélique du Congo qu'il a dirigé dans les années 1990. Ce qui a eu un impact majeur dans le territoire de Luozi. Aussi, a-t-il souhaité que Pifores ait le même impact.
DES PALMIERS QUI PRODUISENT APRÈS 2 ANS
L'attente des Luoziens, exprimée par l'AT Célestin Lusiama, est que ces forêts puissent bénéficier à leurs propriétaires en termes de ce que produisent les forêts : champignons, chenilles, vers palmistes, fruits.
Il a évoqué la formation des charbonniers qui est entamée. Ce n'est qu'une attente secondaire car le problème des routes va se poser. Il a, par ailleurs, attiré l'attention des agronomes sur les forêts qui disparaissent dans certains secteurs comme Kimbanza à cause de la culture des gingembres (tangawisi).
Le représentant du chef de l'État à Luozi a évoqué une autre attente. « Nous ne voulons pas des palmiers qui produisent après 10 ans, 15 ans, 20 ans. Nous voulons les palmiers qui produisent après 2 ans, 3 ans. Voilà les types de palmiers que nous voulons pour notre population », a-t-il conclu sous les acclamations des participants.
PIFORES RÉSULTE DE DEUX DÉFIS — PIFORES, QU'EST-CE ?
Il a échu à l'assistant technique (AT) antenne de Luozi, de ce projet, de présenter. Pour l'ingénieur agronome John Mansinsa Matuetimona, Pifores résulte de deux défis mondiaux : le changement climatique et la précarité des conditions de vie des communautés de base.
Après avoir expliqué les deux concepts, John Mansinsa et leurs conséquences sur la vie des hommes, c'est-à-dire des êtres terrestres, il a appelé les participants à devenir des créateurs avec Dieu. Une présentation doublée d'un message d'interpellation et de sensibilisation.
« En termes de déforestation, en une seconde, le monde perd entre 0,3 et 0,5 hectare de forêt, ce qui équivaut à la destruction d'un terrain de football toutes les deux à trois secondes », a alerté ce technicien rompu en matière agroforestière.
Il a mis en garde contre le déséquilibre consécutif à la destruction des fondamentaux de la nature que sont la terre, l'arbre, l'eau, l'animal, l'environnement.
PLANTER TOUS LES ARBRES Y COMPRIS LES FRUITIERS
Pour Zamenga, l'homme est en train de faire l'autodestruction en exploitant à outrance les ressources naturelles.
Il a indiqué que Pifores fait de l'agroforesterie, tout en soulignant que la valeur de l'arbre n'est plus à démontrer.
Que faire pour soulager les populations ? s'est-il interrogé. Répondant lui-même à sa question, il a précisé qu'il faut planter des arbres, tous les arbres, y compris des arbres fruitiers.
Mais comment ? En organisant les personnes en comités locaux de développement (CLD) pour pouvoir bénéficier de l'appui de Pifores.
Le responsable de Pifores antenne de Luozi a clos sa présentation du projet en appelant les chefs de secteurs, les chefs de groupements, les Églises, les ONG, la société civile à intérioriser l'approche du programme.
« Acceptez Pifores dans nos villages, dans nos quartiers, dans nos secteurs, dans nos groupements », a-t-il lancé à l'assistance.
INTERVENTIONS DANS 6 TERRITOIRES
Pour sa part, le chef du projet et directeur général du Crafod, Willy Bongolo Diangana, a présenté le Crafod. Il a brossé un bref historique, allant de sa création en 1964, à Mbanza-Ngungu sous l'appellation de Cedeco (Centre de développement communautaire), à l'obtention de ses statuts comme ASBL le 29 novembre 2004, en passant par son transfert à Kimpese en 1994, à son siège actuel.
Le Crafod emploie 63 agents dont 43 hommes et 20 femmes. Il intervient dans 6 territoires du Kongo Central : Luozi, Songololo, Muanda, Seke-Banza, Mbanza-Ngungu et Madimba.
Il met en œuvre une approche intégrée du développement local fondée sur la synergie entre formation, appui technique, gouvernance locale par la structuration et le désengagement progressif et entrepreneurial communautaire.
Le DG du Crafod a enfin présenté quelques interventions en chiffres du Centre en agroforesterie, en élevage… Une preuve irréfutable qu'en plusieurs décennies d'intervention, le Crafod est en train de réaliser une œuvre grandiose à impact très visible sur les communautés locales.
Kléber KUNGU
De notre envoyé à Luozi