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A Kananga, Tshikapa et Mbuji-Mayi, l'UDPS mobilise autour du dialogue et du débat constitutionnel
L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) et plusieurs formations politiques alliées ont organisé, hier mardi 22 septembre 2026, des marches dans plusieurs villes du Grand Kasaï. Les mobilisations ont notamment porté sur le soutien aux institutions de la République, au dialogue national inclusif et au processus référendaire, avec des positions favorables au changement de la Constitution exprimées dans certaines provinces.
À Kananga, dans le Kasaï-Central, la marche est partie du rond-point Notre-Dame avant de se diriger vers le bâtiment administratif, où les manifestants ont été reçus par le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu. Le professeur Justin Tulume Sakassimba, inter fédéral de l'UDPS au Kasaï-Central, a lu le mémorandum avant de le remettre au chef de l'exécutif provincial.
Dans ce document, l'UDPS et ses alliés réaffirment leur soutien aux institutions de la République et au dialogue national inclusif annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi.
Sur le dialogue, les organisateurs défendent un processus qu'ils souhaitent inclusif, tout en excluant la participation de groupes armés. " Nous n'accepterons jamais la participation de ceux qui ont pris les armes pour tenter de prendre le pouvoir par force contre la République", a lu Justin Tulume Sakassimba.
Le mémorandum évoque également le principe d'une "pyramide renversée ", présenté par les organisateurs comme une manière de placer la population au centre du processus décisionnel. Sur la question référendaire, l'UDPS et ses alliés du Kasaï-Central disent soutenir la procédure engagée au niveau parlementaire et encouragent sa poursuite dans le respect du cadre légal.
À TSHIKAPA, UNE MARCHE JUSQU'AU GOUVERNORAT
Ils se prononcent également en faveur du changement de la Constitution, estimant que celui-ci doit préserver l'intégrité et la souveraineté de la RDC. Ils mettent toutefois en garde contre toute évolution qui, selon eux, pourrait favoriser " la balkanisation " ou le pillage des ressources naturelles.
Dans la province du Kasaï, la fédération de l'UDPS a organisé une marche partie du rond-point Ndjendje pour chuter au gouvernorat de province. Un mémorandum a été lu puis remis au vice-gouverneur Joley Bokele Joy. La manifestation était conduite par le président fédéral de l'UDPS au Kasaï, Donnat Muamba, avec la participation de plusieurs partis politiques alliés.
Selon les organisateurs, cette mobilisation visait à soutenir toute initiative allant dans le sens du changement de la Constitution ainsi que le dialogue national. Représentant le gouvernement provincial, le vice-gouverneur Joley Bokele Joy a également exprimé son soutien au changement de la Constitution.
À MBUJI-MAYI : LA PAIX ET LE DIALOGUE
Dans le Kasaï-Oriental, l'UDPS a mobilisé ses militants à Mbuji-Mayi autour des thèmes de la paix, de l'unité nationale, de la cohésion et de la stabilité des institutions. Le président fédéral intérimaire de l'UDPS, Oferus Tshianyi, a présenté la marche comme une occasion de réaffirmer le soutien au chef de l'État et l'engagement du parti en faveur du dialogue national inclusif.
Dans la Lomami, la marche s'est déroulée à Mwene-Ditu, avec un départ au Petit marché Kaleja, sur la RN1 Mwene-Ditu-Mbuji-Mayi, et une chute à la mairie. La manifestation était conduite par le président fédéral de l'UDPS, Alexis Kaabeya Ngandu, en présence notamment du maire Gérard Tshibanda Kabue. Plusieurs formations de l'Union sacrée ont pris part à la mobilisation.
Au cours de son intervention, Alexis Kabeya Ngandu a notamment critiqué Martin Fayulu et Jean-Marc Kabund, affirmant qu'ils ne disposeraient pas, selon lui, d'un soutien populaire suffisant. Ces propos constituent la position exprimée par le responsable de l'UDPS dans le cadre de la manifestation.
La mobilisation a également provoqué des réactions sur le plan social. Le coordonnateur intérimaire de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC) dans la Lomami, Me Humberto Bukasa, a dénoncé des perturbations ayant touché les écoles, les marchés et certains services publics. Il a notamment évoqué une matinée marquée par l'interruption de plusieurs activités.
Le maire Gérard Tshibanda Kabue a, de son côté, indiqué qu'aucune décision officielle n'avait déclaré la journée chômée, attribuant les fermetures observées à des décisions volontaires de certains habitants.
Ces différentes marches interviennent dans un contexte de fortes divergences politiques autour du projet de changement de la Constitution, du processus référendaire et du dialogue national.
À l'échelle nationale, l'UDPS avait appelé ses militants, ses alliés politiques ainsi que d'autres composantes de la société à participer aux manifestations du 22 septembre pour soutenir les institutions de la République, la loi référendaire et le dialogue politique annoncé par le chef de l'État.
Dans le Grand Kasaï, les mobilisations de Kananga, Tshikapa, Mbuji-Mayi et Mwene-Ditu ont ainsi donné lieu à des expressions politiques similaires sur certains points, mais également à des prises de position et réactions propres à chaque province. Elles interviennent une semaine après les mobilisations de la Coalition Article 64 (C64), qui s'est opposée au projet de changement de la Constitution dans plusieurs villes du pays. À Kananga, la manifestation de la C64 du 15 septembre avait notamment été dispersée par les forces de l'ordre.
Félix MULUMBA KALEMBA