Dernière minute
Société
Ba trop sur bafaza mokate". Cette phrase n'est pas du lingala pur, mais plutôt du lingala argotique. Ce que le langage populaire des habitants de Kinshasa surnomment le "kindoubill" ou l'argot de Kinshasa mélangé à des expressions typiques.
Un langage caractérisé par…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Le gouvernement congolais interdit la navigation des baleinières en bois sur l’ensemble du territoire national à partir du 15 novembre 2026. La décision a été annoncée mardi 6 octobre par le vice-…
Étranger
Le Maroc a, pour la première fois de son histoire, une femme comme Première ministre: Fatima Ezzahra El Mansouri issue du Parti Authenticité et Modernité. Le Roi Mohammed VI a procédé à sa…
Nation
*Les ex-Kulunas passent de la délinquance aux chantiers de l’avenir
La campagne «Pas d’écoles publiques sans bancs» poursuit son déploiement à Kinshasa. Quatre établissements scolaires de…
Flamme Kapaya réclame à Werrason ses droits sur plusieurs œuvres
À Kinshasa, certaines histoires refusent décidément de prendre la poussière. Elles sommeillent, attendent leur heure, puis refont surface lorsque personne ne s’y attend. Celle qui oppose Flamme Kapaya à Werrason semble être de celles-là.
Hier jeudi 17 septembre 2026, l’ancien soliste de Wenge Musica Maison Mère a choisi de parler publiquement de droits d’auteur qu’il affirme ne pas avoir perçus sur plusieurs œuvres auxquelles il dit avoir contribué.
L’affaire, selon son récit, remonte à 2007. À cette époque, Flamme Kapaya affirme s’être rendu auprès de Werrason après avoir découvert à la SACEM ce qu’il qualifie de «quelque chose de pas normal». Pour tourner la page, il dit avoir proposé une solution pour le moins singulière : l’achat d’une parcelle à Bandal.
En 2007, selon le récit livré aujourd’hui par Flamme Kapaya, une discussion aurait eu lieu autour de ses droits liés à plusieurs œuvres musicales. À l’époque, le guitariste affirme avoir proposé une solution pour tourner la page : une parcelle à Bandal afin de régler l’affaire à l’amiable.
«Ma démarche repose sur un arrangement à l’amiable», rappelle-t-il aujourd’hui. Mais, dit-il, le rendez-vous avec Werrason n’aurait jamais connu son épilogue. «J’attends cet appel depuis 2007», affirme-t-il.
Près de vingt ans plus tard, le dossier revient donc sur le devant de la scène. Et cette fois, Flamme Kapaya choisit de parler publiquement.
Une vieille histoire qui refait surface
Pour comprendre cette querelle, il faut remonter aux années glorieuses de Wenge Musica Maison Mère. Dans les années 1990 et 2000, Flamme Kapaya s’impose comme l’une des figures importantes de l’orchestre dirigé par Werrason. Soliste, arrangeur et compositeur, il participe à l’identité musicale du groupe.
L’ancien guitariste affirme aujourd’hui avoir contribué à plusieurs œuvres dont il réclame la reconnaissance des droits.Le dossier prend notamment une dimension particulière autour des crédits attribués aux différentes œuvres. L’historien David Van Reybrouck a rapporté que Flamme Kapaya se présentait comme un contributeur majeur à l’écriture et aux arrangements de «Kibuisa Mpimpa», album emblématique de Wenge Musica Maison Mère sorti en 2001, alors que les crédits officiels peuvent attribuer certaines œuvres différemment.
Des années après son départ du groupe, Flamme Kapaya poursuit son parcours artistique sur d’autres scènes. Il collabore notamment avec le chorégraphe Faustin Linyekula et s’oriente ensuite vers le gospel.
Mais, comme le dit l’adage, le passé finit toujours par rattraper son homme.
La SACEM entre dans le dossier
Dans sa prise de parole du jeudi 17 septembre 2026, Flamme Kapaya affirme avoir repris contact avec les responsables de la SACEM afin de tenter de dénouer cette affaire.
«Chez nous, le linge sale se lave en famille. Mais là, ça fait 20 ans. Ça fait trop longtemps», déclare-t-il.
L’artiste affirme que les responsables de la SACEM lui auraient indiqué que Werrason serait en mesure de débloquer la situation afin qu’il puisse percevoir les droits qu’il revendique.
Son discours reste toutefois teinté de respect à l’égard de son ancien patron.
«Tu es une grande figure de la culture congolaise», reconnaît-il, avant d’ajouter : «Tu es une grande personne, une grande star que nous respectons».
Une manière de tendre la main tout en maintenant la pression.
Neuf œuvres au cœur de la démarche
Flamme Kapaya a également rendu public son tableau de déclaration, dont le statut est présenté comme «en attente de validation».
Neuf œuvres y apparaissent : «Ça sonne», «Sous-Sol», «Serre-moi fort», «Alerte générale», «Yandi Mosi WR», «Ligne 11», «Fair Play», «Destin ya moto» et «Obiang».
Pour l’ancien soliste, l’enjeu dépasse cependant une simple question financière.
«Mes enfants ont besoin de leur argent», insiste-t-il, avant de souhaiter que le règlement de cette affaire puisse constituer un précédent dans le milieu artistique congolais.
«Je prie pour que cette situation, après avoir été réglée, soit un symbole ou un signe de rétablissement du droit dans la sphère artistique congolaise», déclare-t-il.
Pour l’heure, la balle est dans le camp de Werrason, dont la réaction à ces nouvelles déclarations reste attendue.
Entre souvenirs d’une époque dorée, crédits musicaux et revendications de droits, le vieux dossier vient ainsi de retrouver la lumière. Et comme souvent dans les affaires qui traînent en longueur, plus le temps passe, plus les zones d’ombre s’épaississent.
Reste désormais à savoir si les deux anciens compagnons de scène réussiront à mettre de l’eau dans leur vin et à trouver, loin des projecteurs, un terrain d’entente.
Christian-Timothée MAMPUYA