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Après plus de 30 ans, la RDC reprend sa place sur la scène diplomatique mondiale
Après plus de trois décennies d'absence, la République démocratique du Congo signe un retour diplomatique sur la scène internationale. Elu en juin dernier, le pays siège depuis ce début d'année comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2026-2027, une responsabilité que Kinshasa entend assumer avec détermination, notamment sur les enjeux de paix et de sécurité en Afrique.
Invitée de TV5 Monde, le vendredi 2 janvier 2026, la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, est revenue sur la portée symbolique et stratégique de ce retour au sein de l'organe exécutif le plus influent de l'Onu.
Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, cette élection s'avère bien plus qu'un simple succès national.
" C'est un moment d'une grande responsabilité. Nous retournons au Conseil de sécurité après plus de 30 ans, en tant que l'un des trois pays non permanents représentant l'Union africaine ", a-t-elle déclaré, triomphante.
La ministre a insisté sur le fait que la RDC ne portera pas uniquement ses propres préoccupations, mais également celles de l'ensemble du continent africain.
" Les pays de l'Union africaine nous ont accordé leur confiance et leur appui politique. Nous avons le devoir de porter leurs voix ", a-t-elle souligné.
LA CRISE SECURITAIRE DANS L'EST DE LA RDC AU CŒUR DU PLAIDOYER
L'un des principaux enjeux de ce mandat reste la crise sécuritaire persistante dans l'Est de la RDC, un dossier que Kinshasa entend maintenir à l'agenda international grâce à ce siège stratégique.
Selon Thérèse Kayikwamba, la crise congolaise s'inscrit dans une problématique plus large de respect du multilatéralisme et du droit international.
" La crise en RDC n'est pas fondamentalement différente d'autres crises dans le monde. Elle est caractérisée par des violations flagrantes du droit international humanitaire ", a-t-elle expliqué.
Dans ce contexte, elle a plaidé pour un multilatéralisme fort, fidèle aux valeurs et principes de la Charte des Nations unies, capable de répondre efficacement aux conflits contemporains.
RESOLUTION 2773
Interrogée sur la stratégie congolaise pour faire respecter les engagements internationaux, la ministre a mis en avant les avancées obtenues ces douze derniers mois, notamment l'adoption en février de la résolution 2773 du Conseil de sécurité.
Cette résolution, a-t-elle dit, jugée cruciale par Kinshasa, cite explicitement le Rwanda comme acteur clé dans la déstabilisation de la région des Grands Lacs, évoquant l'occupation illégale de l'Est de la RDC.
" Le Conseil de sécurité est désormais saisi d'une situation qui porte atteinte à la paix et à la sécurité internationales. Il a pris des décisions fermes. Le défi reste la mise en œuvre effective de ces décisions ", a insisté la ministre des Affaires étrangères.
Pour la RDC, qui maintient sa position face au Rwanda, l'enjeu reste de combler l'écart entre les résolutions adoptées et leur application concrète sur le terrain, afin de renforcer la crédibilité des Nations unies.
UN MANDAT SOUS LE SIGNE DE L'ACTION
Par ailleurs, Thérèse Kayikwamba est revenue sur le rejet par Kigali des accusations de guerre d'agression. Elle a tenu à rappeler que la position congolaise repose sur des faits documentés par plusieurs instances onusiennes.
" Il ne s'agit pas d'un point de vue subjectif de la RDC. La situation a été objectivement documentée par le Conseil de sécurité, le Conseil des droits de l'homme, les comités de sanctions et d'autres mécanismes des Nations unies", a-t-elle affirmé.
Elle a également souligné que, lors d'une récente réunion de haut niveau, les 15 membres du Conseil de sécurité se sont exprimés de manière explicite sur la guerre d'agression menée par le Rwanda.
Tout en précisant que Kigali rejette ces accusations, la ministre estime que la communauté internationale reconnaît désormais clairement la réalité sur le terrain.
Pour son retour au Conseil de sécurité, la RDC ambitionne de transformer les décisions internationales en actions concrètes, non seulement pour sa propre stabilité, mais aussi pour celle du continent africain.
Tricya MUSANSI