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Sommet SADC-EAC en Tanzanie: Ou ça passe ou ça casse
Les deux grandes et importantes organisations régionales dont fait partie la République démocratique du Congo (RDC), la SADC et l’EAC, ont décidé d’organiser une rencontre ce samedi 8 février 2025, en Tanzanie pour trouver une issue de sortie définitive au grave conflit qui oppose la RDC au Rwanda. Si notre mémoire est bonne et si nous ne nous trompons pas, c’est la toute première rencontre jumelée entre ces deux organisations. C’est dire que le conflit a pris des proportions inquiétantes et qu’il faille une solution idoine pour éviter l’embrasement de toute la région.
Depuis l’occupation de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, par la coalition M23-RDF, la situation sécuritaire s'est sensiblement détériorée dans la ville et ses environs. Les sources indépendantes parlent d’environ 3000 morts et plusieurs blessés graves. Les hôpitaux manquent de places pour accueillir les victimes. L´a société civile du coin qualifie la situation de véritable carnage.
Sur le plan humanitaire, c'est une crise sans précédent qui rappelle celle de 1994 suite au génocide des Tutsi où l’on a vu des millions de morts et de déplacés sur les routes.
Aussi curieux que cela puisse paraître, la communauté internationale ferme les yeux et ne réagit pas ,de même qu’elle l’avait fait en 1994. Il a fallu attendre que la situation devienne insoutenable pour enregistrer les premières interventions, mais la catastrophe était déjà là.
Pour ne pas connaître les mêmes conséquences, les partenaires régionaux de la RDC veulent anticiper les événements. Le premier succès de cette réunion, nous le croyons, est le fait que les deux principaux protagonistes ont accepté de répondre à l’invitation leur adressée. Il y a quelques jours, le président Félix Tshisekedi de la RDC a refusé de se rendre à Nairobi (Kenya) où il était attendu pour y rencontrer son homologue rwandais, sur invitation du président Ruto. Au mois de décembre 2024, c’est Paul Kagame qui a posé le lapin à Félix Tshisekedi en refusant de se rendre à Luanda (Angola) où les deux chefs d’État devraient avoir un face-à-face en présence du président angolais Joao Lourenço. Que cette fois-ci, Félix Tshisekedi et Paul Kagame acceptent de se parler vis-à-vis, l’opinion ne peut que se réjouir.
Kagame continuera-t-il à s’entêter ?
La guerre qui sévit dans l’Est de la RDC a pour tireur des ficelles principal le président rwandais Paul Kagame. C’est son armée qui est au front face aux forces armées de la RDC (FARDC). C’est une réalité indéniable.
Cette vérité n’émane pas des Congolais. À plusieurs reprises, les experts de l’ONU sur la RDC ont établi, preuves à l'appui, que c’est la RDF qui attaque les FARDC sous couvert de ses suplétifs du M23. Kagame a toujours nié ces vérités. Mais cette fois, l’occupation de Goma vient de mettre à nu les allégations des experts de l’ONU.
Le président rwandais va-t-il continuer à persister dans son mensonge?
Il est vrai qu’un voleur, même pris en flagrant délit,n’a jamais avoué son forfait. Mais cette fois, les événements ont pris une autre allure surtout avec les nombreux morts enregistrés à Goma et la catastrophe humanitaire qui s’en est suivie. Même ses soutiens les plus avérés n’ont pas caché leur ras-le-bol. Certains appellent carrément et ouvertement à des sanctions fermes.
C'est pourquoi, beaucoup pensent que la rencontre de Dar-es-Salam est celle de la dernière chance, et que face aux pressions subies de toutes parts, le "roi" du Rwanda n’a pas d’autres choix que d’"abdiquer " au risque de connaître un pire sort. L’orgueil est l’un des sentiments à bannir le plus dans la vie. Il revient à Kagame de choisir quel chemin il va prendre pour sortir tête haute en Tanzanie.
Muke MUKE