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Mbuji-Mayi : l’eau vendue en sachet expose les consommateurs à des risques sanitaires
À Mbuji-Mayi, acheter un sachet d’eau fraîche est devenu un geste banal pour de nombreux habitants. Dans les marchés, aux abords des routes et dans plusieurs quartiers, ce petit conditionnement répond à une demande importante, notamment auprès des personnes qui cherchent une eau accessible financièrement. Cela ressort d’une ronde effectuée hier dimanche 24 août 2026 par Forum des As, dans cette partie du pays.
Cette activité fait vivre de nombreux revendeurs, qui profitent d’une consommation devenue régulière. Au marché Simis, un commerçant rencontré sur place explique que la demande constitue la principale raison de son activité :
« Nous vendons l’eau parce que les gens en ont besoin. Nous, on achète et on revend. C’est notre travail. Si on ne vend pas, on ne mange pas », s’est-il expliqué.
Mais cette consommation de masse soulève une autre question : dans quelles conditions l’eau destinée à être bue est-elle manipulée avant d’arriver entre les mains du consommateur ?
DES INQUIÉTUDES SUR LE STOCKAGE ET LA PROVENANCE DE L’EAU
Des inquiétudes sont notamment liées au stockage et à la provenance de l’eau. Dans certains circuits de commercialisation, l’eau provenant de la Regideso serait conservée dans des récipients avant d’être conditionnée.
Lorsque l’approvisionnement devient difficile, des commerçants peuvent également recourir à des intermédiaires qui transportent l’eau dans de grands bidons appelés localement « Demayi ».
Pour les professionnels de santé, le problème ne réside donc pas uniquement dans le sachet utilisé pour la vente, mais également dans l’ensemble de la chaîne allant de la source jusqu’au consommateur.
Le Dr Charly Mukendi estime qu’une eau dont l’origine ou les conditions de conditionnement ne sont pas maîtrisées peut exposer la population à différents problèmes sanitaires.
« Cette eau-là a un impact négatif sur l’organisme et surtout nous ne savons pas dans quelles conditions ils sont en train de fermer cette eau-là. Quand nous manquons de l’eau, ils peuvent utiliser l’eau de puits. Du fait qu’on ne sait pas l’origine de cette eau. C’est une eau qui expose la population aux maladies des mains sales », alerte-t-il.
CONTRÔLE DE LA QUALITÉ DE L’EAU COMMERCIALISÉE
Cette situation prend une importance particulière dans une ville où l’accès régulier à une eau potable reste une préoccupation pour plusieurs ménages. Le faible prix du sachet en fait une solution pratique pour les consommateurs, mais cette accessibilité économique ne devrait pas se faire au détriment des exigences sanitaires.
La multiplication des points de vente pose ainsi la question du contrôle de la qualité de l’eau commercialisée, des conditions de stockage et des pratiques de conditionnement. Pour les acteurs sanitaires, le renforcement de la surveillance apparaît comme un enjeu important afin de limiter les risques liés à la consommation d’une eau potentiellement contaminée.
À Mbuji-Mayi, l’eau en sachet se trouve donc au croisement de deux réalités : un petit commerce indispensable aux revenus de nombreux vendeurs et une nécessité de santé publique qui appelle davantage de contrôle.
Félix MULUMBA KALEMBA