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Ebola : les autorités sanitaires misent sur la vaccination et l’engagement communautaire
Trois mois après la déclaration de l’épidémie d’Ebola en RDC, les autorités sanitaires misent sur de nouvelles orientations pour les six prochains mois dans la lutte contre le virus. Il s’agit, entre autres, de la vaccination et de l’intensification de l’approche communautaire. Ces dispositions ont été annoncées, le samedi 22 août, au cours d’une conférence de presse à l’Institut national de santé publique (INSP), axée sur l’évolution de l’épidémie et les actions de riposte.
Face à une épidémie encore active, le directeur général de l’INSP, le Dr Dieudonné Muamba, a indiqué qu’avec la première réception de 20 750 doses de vaccins, le vendredi 22 août, la vaccination devra débuter sous peu.
« Elle se fera en ceinture, c’est-à-dire, on commencera autour des zones proches de l’épicentre pour enfin atteindre l’épicentre », a fait savoir le DG de l’INSP.
En effet, les autorités envisagent l’utilisation du vaccin Ervebo, dont l’efficacité est établie contre la souche Zaïre. L’orateur estime que l’hypothèse d’une immunité croisée pourrait permettre d’espérer une certaine efficacité contre la souche Bundibugyo. Toutefois, des essais cliniques sont toujours en cours pour développer un vaccin spécifiquement adapté à cette souche.
L’INSP mise également sur une approche communautaire plus intense. Elle est destinée à obtenir une meilleure collaboration des populations dans la détection des cas, le suivi des contacts et l’isolement des malades.
« Nous allons travailler directement avec les chefs de villages et leurs notables. Cette nouvelle approche va nous permettre d’aller au-delà des interventions limitées aux zones de santé pour ainsi renforcer la mobilisation au niveau des villages », a expliqué le numéro un de l’INSP.
LES MOUVEMENTS DE POPULATIONS PARMI LES PRINCIPAUX MOTEURS DE PROPAGATION
Déclarée le 15 mai 2026, la 17ᵉ épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, totalisait au 20 août 5 300 cas confirmés, dont 2 557 décès, soit un taux de létalité de 47,6 %. Les autorités sanitaires enregistrent également 1 167 guérisons, tandis que 737 patients sont encore pris en charge dans les Centres de traitement Ebola (CTE). Le suivi des contacts atteint désormais 85 %, un indicateur jugé essentiel pour interrompre la chaîne de transmission.
L’épidémie touche actuellement six provinces, avec l’Ituri qui demeure l’épicentre. Cette province concentre, à elle seule, environ 85 % des cas confirmés, devant notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé. À elle seule, l’Ituri représente environ 85 % des cas confirmés. Elle reste l’épicentre de cette épidémie.
Pour l’INSP, les principaux moteurs de la propagation sont les mouvements de populations, particulièrement dans les zones minières où convergent des travailleurs venus de plusieurs provinces. Beaucoup regagnent leur région d’origine dès les premiers symptômes, souvent assimilés à un simple paludisme ou à une fièvre typhoïde.
21 LABORATOIRES À CE JOUR
Depuis le début de l’épidémie, les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées. Alors qu’un seul laboratoire était initialement disponible, la réponse dispose désormais de plus de 21 laboratoires répartis dans les zones affectées.
Cette décentralisation vise à rapprocher le diagnostic des communautés et à réduire les délais de confirmation des cas. D’autres laboratoires mobiles devraient également être déployés afin de renforcer davantage cette capacité.
La prise en charge s’appuie, de son côté, sur près d’une quarantaine de centres de traitement, dont certains sont en construction ou en extension. L’objectif est notamment d’accroître les capacités d’isolement et de prise en charge des patients encore présents dans les communautés.
Le responsable de l’INSP a rappelé que plusieurs piliers sont engagés dans la riposte. Il s’agit notamment de la surveillance épidémiologique, du laboratoire, de la prise en charge médicale, nutritionnelle et psychosociale, ainsi que de la communication sur les risques et de l’engagement communautaire.
Fyfy Solange TANGAMU