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Les journalistes appelés à renforcer leur rôle dans la construction de la paix
Les professionnels des médias ont été appelés à renforcer leur rôle dans la prévention des conflits, la lutte contre la désinformation et la promotion des jeunes comme acteurs de paix, à l’issue d’un atelier de deux jours organisé par le Secrétariat technique national de mise en œuvre de la Résolution 2250 (STN-2250), à Kinshasa.
Ouvert le mardi 18 août et clôturé le mercredi 19 août 2026 à Kinshasa, l’atelier a permis aux participants d’approfondir leur compréhension des Résolutions 2250 sur la Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) et 1325 sur les Femmes, Paix et Sécurité, ainsi que leur application dans le travail journalistique.
Les échanges ont notamment porté sur le reportage sensible aux conflits, la lutte contre les discours de haine, la vérification de l’information et la nécessité de donner une place effective aux jeunes dans les récits médiatiques.
Intervenant sur le fact-checking, Lech Walassa, journaliste à Radio Okapi et membre de la section Communication stratégique et sensibilisation sociale de la Monusco, a rappelé que la circulation massive d’une information ne constitue pas une preuve de sa véracité.
IDENTIFIER LES SOURCES, CONFRONTER LES INFORMATIONS…
« Les techniques du fact-checking sont basées sur le journalisme. J’invite les professionnels à identifier les sources, vérifier le contexte, confronter les informations et distinguer les faits des opinions », a-t-il souligné.
Il a présenté plusieurs outils pouvant accompagner ce travail, notamment Google Lens, InVID, les recherches avancées, les métadonnées et YouTube Data Viewer.
Face à la multiplication des contenus manipulés par l’intelligence artificielle, notamment les deepfakes, il a également recommandé de rechercher les sources originales et de confronter les contenus à plusieurs sources indépendantes.
La question de la jeunesse a occupé une place importante dans les échanges. Les participants ont été encouragés à ne plus présenter les jeunes uniquement comme victimes ou personnes vulnérables, mais également à mettre en lumière ceux qui œuvrent pour la médiation, la cohésion sociale et la prévention des conflits.
Cette approche rejoint l’appel de Lievine Mbuinga, journaliste et rédactrice en chef adjointe à Radio Okapi, à passer d’une participation symbolique à une participation effective des jeunes.
« LES JEUNES DOIVENT ÊTRE CONSIDÉRÉS COMME DES ACTEURS DE LA PAIX »
« Les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme des personnes à protéger ou à sensibiliser, ils doivent être considérés comme des acteurs de la paix », a-t-elle déclaré.
Pour inscrire cette dynamique dans la durée, Anna-Jacquie Kitoga, coordonnatrice du STN-2250, a appelé les journalistes formés à devenir des points focaux de l’agenda JPS au sein de leurs rédactions.
« Vous êtes les ponts entre nous et vos médias sur la question de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité », a-t-elle rappelé.
Ces points focaux devront notamment assurer une veille sur l’actualité JPS, proposer des sujets en conférence de rédaction, identifier les initiatives portées par les jeunes et accompagner la production de reportages, portraits, enquêtes et contenus numériques.
Le STN-2250 prévoit également la mise en place d’un groupe réunissant les journalistes formés afin de poursuivre les échanges, partager les ressources et favoriser des productions communes.
Au terme de l’atelier, le défi posé aux médias congolais apparaît ainsi clairement : ne pas seulement informer sur les conflits et les crises, mais contribuer, par une information vérifiée, responsable et inclusive, à la prévention des tensions et à la construction d’une culture de paix, en faisant des jeunes des acteurs visibles des solutions en RDC.
Tricya MUSANSI