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L'étau se resserre sur Paul Kagame, coincé de partout
Son aventure en République démocratique du Congo lui attire particulièrement ces derniers jours la désapprobation de toute la communauté internationale quand bien même la condamnation ne soit pas suivie des sanctions fermes. Néanmoins, cette levée de boucliers indique clairement que le glas va sans aucun doute sonner bientôt pour le dictateur rwandais Paul Kagame.
L'attaque de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, qui a causé beaucoup de morts et de blessés a particulièrement suscité ce sentiment quasi général de révolte envers ce personnage ombrageux et belliciste.
Il y a d'abord les États-Unis qui, par l'intermédiaire de son secrétaire d'État Marco Rubio, n'a pas caché son indignation face à ce qui se passe depuis des jours à Goma. L'homme d'Etat américain a, lors d'un entretien avec Paul Kagame, exprimé les préoccupations de son pays concernant l'invasion du chef-lieu du Nord-Kivu et l'aggravation du conflit dont la responsabilité incombe grandement au dictateur qui trône à Kigali.
À cette occasion, M. Rubio a dénoncé l'implication des forces armées rwandaises dans les actions du M23 et appelé à un cessez-le-feu immédiat dans la région.
En plus, le numéro deux de l'administration de la Maison Blanche a réitéré la position de son pays qui est le respect total de l'intégrité territoriale de la RDC et la reprise des négociations sur base des sommets de Luanda (Angola) et de Nairobi (Kenya). Les États-Unis ont souligné également l'importance d'un cessez-le -feu durable et d'un processus de paix qui tienne compte des préoccupations sécuritaires tout en soutenant une coopération économique régionale. Ils ont aussi réitéré leurs avertissements à Kigali, non sans marteler qu'un soutien continu au M 23 ne ferait qu'aggraver la situation déjà délétère.
En plus de la pression exercée par les États-Unis, l'Union européenne (UE) a multiplié ses efforts diplomatiques pour résoudre ce conflit qui n'a que trop duré et qui a causé des millions de morts et de déplacés internes.
À ce propos, Bruxelles a exprimé son inquiétude face à l'impact humanitaire de la guerre dans l'est de la RDC et plaidé pour une solution politique au sein de l'Onu. Plus concrètement, l'UE a mis en place des sanctions ciblées contre les dirigeants du M23 et renforcé son soutien humanitaire à la population civile affectée par les combats.
De plus, Bruxelles a intensifié ses appels à la fin du soutien rwandais aux rebelles et en proposant de faciliter les pourparlers de paix sous l'égide de l'Onu, visant à rétablir la stabilité dans la région des Grands lacs.
Des sanctions concrètes envisagées
Au niveau continental, l'Union africaine(UA) a condamné la prise de Goma et en appelant à une résolution pacifique du conflit.
Dans le même registre, des partenaires internationaux envisagent des sanctions contre le pays des Mille collines. C'est le cas du Parlement européen qui, exacerbé par l'occupation de la ville de Goma en plein cessez-le-feu, a proposé des sanctions concrètes contre Kigali. Le Bureau du parlement européen a proposé aux eurodéputés des sanctions fermes et fortes à l'endroit du Rwanda. Il s'agit notamment de la suspension du mémorandum Union européenne- Rwanda signé en février 2024 portant sur cinq domaines de collaboration dont l'intégration des chaînes de valeur durable pour les matières premières et le soutien à la diversification économique, garantissant le bon fonctionnement et la durabilité de ces chaînes de valeur.
En plus, il suggère la suspension de toutes les manifestations sportives internationales prévues cette année au Rwanda dans le souci d'utiliser ces pressions concrètes et obtenir la stabilité.
Le représentant spécial de l'UE dans les Grands lacs, Johan Borgstam, a, lui aussi, recommandé des pressions robustes sur Kigali.
De son côté, le Royaume-Uni, un des partenaires-clés du Rwanda, a adopté un ton bien plus ferme à l'égard de Kagame. Le gouvernement britannique exige le retrait immédiat des forces rwandaises de l'Est de la RDC. Le Royaume-Uni envisage activement les prochaines étapes, aux côtés de ses partenaires internationaux, y compris la possibilité d'un réexamen de tout le soutien britannique à Kigali.
Si toutes ces déclarations et menaces se transforment effectivement en actes, et si ces partenaires de la RDC sont sincères cette fois-ci, nous pouvons espérer voir la fin de la guerre imposée aux Congolais par Paul Kagame.
À défaut, nous risquons de connaître un embrasement de toute la région des Grands lacs dont la communauté internationale sera le grand responsable.
Muke MUKE