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Kasaï-Central : Bena-Leka confrontée à une flambée des prix alimentaires
La commune rurale de Bena-Leka, poumon agricole du territoire de Demba au Kasaï Central, traverse une hausse alarmante des prix des denrées alimentaires de base. Cette flambée frappe de plein fouet une population déjà fragilisée par la pauvreté et les faibles rendements agricoles de la saison précédente.
Selon les constats recueillis sur place ce jeudi 18 décembre matin, le prix du maïs (meka) a quasiment doublé en une semaine, passant de 1 500 FC à 2 500 voire 3 000 FC la mesurette. Les carottes de manioc, denrée de consommation courante, sont désormais vendues entre 18.000 et 20.000 FC le bassin, contre 12 000 FC auparavant.
Les prix des haricots rouges et verts, du riz et même de l'huile de palme ont également connu une hausse significative, rendant ces produits presque inaccessibles pour les familles les plus modestes.
Cette situation alimente une vive inquiétude au sein des ménages, qui redoutent une insécurité alimentaire imminente si rien n'est fait pour stabiliser les marchés. Les répercussions sont aussi attendues à Kananga, chef-lieu, qui dépend en grande partie des récoltes en provenance de Bena-Leka pour son approvisionnement en produits vivriers.
Face à cette tension, les agriculteurs sont exhortés à maintenir un approvisionnement constant des marchés. Cependant, ils se heurtent à des contraintes multiples, notamment le manque d'intrants agricoles, l'état dégradé des routes de desserte agricole et l'absence de subventions publiques.
Malgré ce contexte difficile, certaines denrées demeurent disponibles, à savoir les arachides, les fourmis comestibles (nsua) et les épis de maïs. Ces produits offrent une alternative temporaire pour les consommateurs, mais restent insuffisants pour compenser l'augmentation généralisée des prix.
Les observateurs appellent à une action rapide des autorités provinciales, notamment par des mesures de régulation des prix, des appuis aux producteurs locaux et la réhabilitation des infrastructures agricoles, pour éviter que cette crise n'échappe à tout contrôle.
Félix MULUMBA