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Après la requête de Tshisekedi au Parlement : Kabund exhorte l’UDPS à abandonner le « projet funeste » de loi référendaire
L’opposant Jean-Marc Kabund appelle ses anciens compagnons de l’UDPS/Tshisekedi à renoncer au projet de loi fixant les conditions d’organisation du référendum, après la décision du président Félix Tshisekedi de renvoyer le texte au Parlement pour une nouvelle délibération. Pour l’ancien dirigeant du parti présidentiel, cette loi pourrait devenir, à terme, un instrument de conservation du pouvoir, y compris contre ceux qui la défendent aujourd’hui.
Dans un message publié sur le réseau social X, adressé aux cadres et militants de l’UDPS, Jean-Marc Kabund les exhorte à « revenir au bon sens » et à « abandonner ce projet funeste de loi référendaire ».
L’opposant conteste particulièrement les conséquences politiques que pourrait entraîner l’adoption du texte. Il estime que son utilisation dans le cadre d’une éventuelle révision de la Constitution ne restera pas sans réaction de l’opposition.
« Ce qui est certain, c’est que nous ne vous laisserons pas changer la Constitution en vous servant de cette loi », prévient-il, avant d’inviter ses anciens camarades à mesurer les conséquences d’un tel choix.
Selon Kabund, le risque pourrait également se retourner contre le pouvoir actuel en cas d’alternance. « Le régime qui vous succédera pourrait, à son tour, se servir de cette loi que vous aurez promulguée pour se maintenir au pouvoir, cette fois contre vous », avertit-il.
Son message se termine par une mise en garde sans détour : « Réfléchissez-y : c’est à vos risques et périls. »
ONYEMBA SALUE LE RENVOI AU PARLEMENT
La décision présidentielle de renvoyer le texte au Parlement est, en revanche, accueillie favorablement par le professeur Laurent Onyemba. Selon lui, l’arrêt de la Cour constitutionnelle a mis en évidence la nécessité de revoir certaines dispositions de la proposition de loi portée par le député Ngondankoy.
« La Cour constitutionnelle a eu l’élégance institutionnelle de signifier au président de la République que la proposition de loi Ngondankoy ne franchit pas le contrôle de constitutionnalité sans béquilles interprétatives », analyse-t-il.
Pour le professeur de droit, la nouvelle délibération parlementaire doit permettre de clarifier le texte et de le débarrasser des ambiguïtés relevées par la Haute Cour. « Désormais, lire la loi sur le référendum sans son arrêt relève de l’archéologie juridique », estime-t-il.
Laurent Onyemba considère ainsi le renvoi comme une occasion de renforcer la solidité juridique du texte. « Au fond, la science a gagné », a-t-il déclaré, estimant que prendre en compte les observations juridiques coûte moins cher que de « réparer les dégâts de l’entêtement ».
«UN PETIT PAS DANS LA BONNE DIRECTION » DE TSHISEKEDI
Dans le camp de l’opposition, Prince Epenge qualifie également la décision de Félix Tshisekedi de « petit pas dans la bonne direction ». Il estime que le renvoi du texte au Parlement, intervenu après les réserves formulées par la Cour constitutionnelle dans son arrêt du 28 juillet 2026, constitue une évolution positive.
La loi sur l’organisation du référendum entre ainsi dans une nouvelle phase de son parcours législatif. Entre les mises en garde de Jean-Marc Kabund, l’analyse juridique de Laurent Onyemba et l’appréciation prudente de Prince Epenge, la seconde délibération parlementaire s’annonce comme une étape déterminante.
Au-delà de la correction des dispositions visées par la Cour constitutionnelle, c’est désormais la portée politique et institutionnelle de cette loi qui continue de nourrir le débat en RDC.
Jérémie ASOKO