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Tanganyika : infrastructures délabrées, insécurité et promesses non tenues, la Nouvelle société civile tire la sonnette d'alarme
À peine une année et neuf mois après son accession à la tête de la province du Tanganyika, le bilan du gouverneur Christian Kitungwa Muteba est sévèrement critiqué par la société civile locale. Lors de la réunion d'évaluation de l'année 2025 tenue à Kalemie, dont les résolutions sont parvenues à Forum des As , la Nouvelle dynamique de la société civile (NDSC) a dressé un tableau sombre de la gestion provinciale, évoquant des incohérences et de nombreuses promesses restées sans suite.
Sur le plan des infrastructures, la NDSC déplore l'impraticabilité de plusieurs avenues et artères principales de la ville de Kalemie, ainsi que l'abandon de chantiers de réhabilitation, notamment sur les routes Kalumbi, Abattoir et Filtisaf. Lancés il y a plus d'un an, ces travaux sont à l'arrêt, plongeant chauffeurs et usagers dans un véritable calvaire. Cette situation a entraîné une hausse du coût des transports en commun, dans un contexte où la population peine déjà à subvenir à ses besoins quotidiens.
À cela s'ajoute le manque criant d'éclairage public. La circulation routière devient quasi impossible aux heures vespérales, particulièrement sur les grandes artères. Selon Chirac Bya'esse, coordinateur de la NDSC, plusieurs lampadaires sont hors service depuis " un très long moment", sans la moindre intervention des autorités locales, malgré des promesses répétées. Une situation qui expose les usagers à de nombreux risques, notamment les accidents de circulation, les tracasseries et l'insécurité.
RECRUDESCENCE DE CAMBRIOLAGES
En parallèle, sur le plan sécuritaire, la société civile fait état d'une recrudescence de cambriolages, souvent accompagnés de violences, voire d'assassinats, ainsi que de cas de justice populaire, traduisant un climat d'insécurité préoccupant dans la ville et ses environs.
Par ailleurs, la NDSC dénonce la multiplication des barrières érigées par la Direction générale des migrations (DGM) à travers la province du Tanganyika, où une taxe comprise entre 1 000 et 2 000 francs congolais est exigée par passager. L'organisation qualifie cette pratique de " tracasserie " et de tentative "d'appauvrissement " d'une population déjà éprouvée par des difficultés économiques et sécuritaires.
Bien que ces mesures soient officiellement justifiées par la nécessité "d'identifier les usagers ", la NDSC estime qu'elles sont appliquées " de manière abusive ".
La structure citoyenne exige des éclaircissements sur la destination des fonds collectés à ces barrières et appelle la DGM à " revoir ses méthodes " afin de poursuivre l'identification des personnes de manière équitable, dans un contexte marqué par la menace d'infiltration de l'AFC-M23, qui a conduit au renforcement des dispositifs sécuritaires.
Enfin, la Nouvelle dynamique de la société civile du Tanganyika martèle sur les nombreuses " promesses non tenues " du gouverneur Christian Kitungwa Muteba, notamment en matière de construction et de modernisation des infrastructures, ainsi que d'amélioration des conditions de vie des populations. Après plus d'un an de mandat, estime-t-elle, " les résultats ne sont pas au rendez-vous ". Nos tentatives pour joindre le chargé de communication du gouverneur Christian Kitungwa Muteba afin de recueillir sa réaction sont restées sans réponse.
Patient Mubiayi MBY, depuis Lubumbashi