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Sankuru : Kinshasa déclenche la machine électorale pour mettre fin à la vacance du pouvoir provincial
La province du Sankuru s'achemine vers la sortie d'une longue période de paralysie institutionnelle. Le gouvernement central a officiellement enclenché le processus devant conduire à l'élection d'un nouveau gouverneur et d'un vice-gouverneur, marquant ainsi un tournant décisif dans la gestion de la crise politique qui secoue cette entité depuis plusieurs mois.
Dans une correspondance rendue publique le mardi 20 janvier, le vice-Premier ministre en charge de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a saisi la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) afin qu'elle prenne toutes les dispositions nécessaires à l'organisation du scrutin provincial au Sankuru.
Ce courrier, à la fois administratif et hautement politique, s'appuie sur un fondement juridique clair. Le ministre de l'Intérieur y fait référence à l'arrêt n° R. Const 2520 de la Cour constitutionnelle, rendu le 24 octobre 2025. Par cette décision, la plus haute juridiction du pays avait définitivement confirmé la déchéance du gouverneur du Sankuru, telle que prononcée par l'Assemblée provinciale en mai 2025, mettant un terme aux recours et contestations qui entretenaient l'impasse institutionnelle.
En saisissant formellement la Centrale électorale, le gouvernement central acte la clôture du débat juridique. La question n'est désormais plus celle de la légalité, mais celle du rétablissement effectif des institutions provinciales. Il s'agit, pour l'exécutif central, de combler une vacance du pouvoir devenue préjudiciable à la gouvernance locale et à la stabilité administrative de la province.
Depuis plusieurs mois, l'absence d'un exécutif provincial pleinement investi a lourdement affecté le fonctionnement du Sankuru. Coordination administrative affaiblie, ralentissement de l'action publique, incertitudes politiques persistantes : autant de conséquences qui ont accentué la fragilité d'une province déjà confrontée à d'importants défis socio-économiques.
La responsabilité passe désormais à la Ceni, appelée à ouvrir concrètement le cycle électoral. Cela implique l'élaboration d'un calendrier, la définition des modalités techniques du scrutin et l'encadrement du processus conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur. Un exercice délicat, mais très attendu, tant par les acteurs politiques locaux que par la population.
Félix MULUMBA Kalemba