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RDC: L'agriculture facteur de la cohésion nationale
(Par l'évangéliste Colin Nzolantima)
Entrepreneur avisé, l'évangéliste Colin Nzolantima recommande à ses compatriotes le recours aux travaux des champs pour faire face à la faim. Il invite, particulièrement, les jeunes à s'occuper de l'agriculture...
"L'agriculture est la culture (la manière de penser, de parler et d'agir) d'un peuple à travers la terre", dixit Balufu Bakupa-Kaninda (Dg Grand Tambour). Dans nos traditions congolaises, l'intronisation d'un chef est régie par certains préalables. Il doit être un homme sage, qui se préoccupe des intérêts généraux de la communauté. Aussi, un homme intelligent, qui a la connaissance de sa mission. En plus, une personne de bonne réputation qui s'acquiert après plusieurs années.
Ces qualités impliquent qu'il ne soit pas "cupide, injuste, orgueilleux, égoïste et corrompu". Il doit incarner, à chaque instant, les vertus de vérité, de justice, d'intégrité, de compassion, de repentance et de réconciliation.
Cette recommandation répond aux principes bibliques de Deutéronome 1.13 "Allez dans chacune de vos tribus, et choisissez des hommes sages, intelligents et de bonne réputation".
Protéger les terres
Les chefs traditionnels ont la mission de protéger et de préserver les terres, les eaux, les forêts et les hommes. Cette gouvernance permet de léguer à la génération future un héritage probant. Tout chef qui manquerait dans sa gestion, un des quatre attributs n'est pas un vrai chef.
L'intronisation du chef se fait, au préalable, par sa capacité d'éviter toute compromission. C'est ainsi que, dans toutes les tribus de la République, les chefs rappellent que Dieu a donné aux hommes tout ce qui est à la surface de la terre, mais ce qui est sous terre, Dieu l'a gardé pour Lui seul.
En fait, on ne touche pas au sous-sol. Son exploitation dépend du consensus général et pour l'intérêt collectif, dénué d'égoïsme et de cupidité. Les minerais, souvent sources des conflits, devaient être exploités seulement pour résoudre un besoin social précis, et non pour l'intérêt d'une personne ou d'un groupe particulier.
Ainsi, la préoccupation du chef consiste à privilégier les activités agricoles qui étaient source de cohésion sociale, de la survie collective et de l'autosubsistance communautaire.
Veiller aux biens de la communauté
Le chef veille à ce que tous ses concitoyens, du plus jeunes au plus âgé, puissent avoir une expertise dans les ressources disponibles dans sa contrée. Ils doivent avoir un métier ou un travail générateur de revenus pour éviter toute dépendance avec l'extérieur.
Un chef doit, dans toutes ses décisions, veiller à la prospérité de son entité. C'est ainsi que plusieurs règles sont érigées pour protéger le chef de toute influence extérieure. Il doit écouter tout le monde, même le fou du village.
Toutes les décisions du chef devraient passer par un conseil restreint de certains notables. Car, il est le coordonnateur et le porte-parole de la volonté collective. Car sa décision engage toute la société et les générations futures. Il doit avoir de la sagesse et du discernement.
L'agriculture sert d'intégration sociale, de création de richesse, de préservation des ressources humaines, naturelles, matérielles, financières et sociales. C'est la clé du développement de nos villages. La modernité ne doit jamais rompre avec les valeurs traditionnelles, qui ne sont pas toutes mauvaises. Elles peuvent être améliorées, mais en gardant la vision de cohésion sociale.
En détruisant les structures de base, les Etats ont des nombreux problèmes et des déficits budgétaires. Les chefs coutumiers sont des magistrats administratifs. En valorisant leurs prérogatives, la cohésion et le développement seraient rapides.