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Devenus indigents, les agents et cadres de l'ex-BCCE appellent le gouvernement au secours
Ils sont très nombreux les agents et cadres de l'ex- Banque congolaise du commerce extérieur (BCCE) qui poirotent depuis des années dans la misère tout simplement parce que leurs décomptes finals ne leur ont pas été payés dans le délai légal. Et ceux d'entre eux ayant atteint l'âge de la retraite, ont attendu des années durant pour ne recevoir par trimestre qu'un ridicule montant, indistinctement, de 320.000 FC à titre de pension légale sans aucun critère objectif.
L'ex-BCCE, faut-il le rappeler, a été soumise à une liquidation forcée le 10 mars 2003, pendant qu'elle était en pleine relance de ses activités. Pour cette raison, le cabinet du président de la République de l'époque, bien avant que d'autres autorités n'interviennent dans ce dossier avait, par sa lettre réf CAB/PRICEF/CP/0165/MK/18 du 30/01/2003, avec copie au Premier ministre, instruit le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), expressis verbis, de retirer de la liste des banques dites malades et devant être liquidées de force le nom de la BCCE, au motif qu'elle affichait des signes manifestes d'une prompte relance.
12 ans d'attente sans résultat
Ainsi donc, las de patienter, au bout de 12 ans d'attente sans résultat, les infortunés anciens agents et cadres de l'ex- BCCE ont résolu à embrasser la voie de la justice. Au terme de plusieurs années devant les instances judiciaires de Kinshasa/Gombe, le gouvernement congolais et la BCC ont été condamnés à restituer le montant de 22. 184.185 de dollars américains des décomptes finals aux ex - employés de l'ancienne BCCE.
La mutuelle des ex-employés stigmatise un prétendu protocole conclu entre le gouvernement représenté par le ministre des Finances, la BCC, la DGDP et un groupuscule d'ex employés qui se fait passer pour un "Collectif des employés des banques liquidées". Ces derniers n'ont reçu mandat de personne. Leur fameux accord prévoit une retenue de 16/00 à la source, lors de chaque paiement des décomptes finals. Pourtant, le même ministre signataire de l'accord, avait préalablement classé cette créance dans la catégorie de la dette sociale et l'avait, expressis verbis, fait comprendre à la DGDP. Opérer une retenue sur la dette sociale n'est pas autorisée par la loi. Les auteurs de cette opération ont donc réussi à détourner des montants colossaux, un acte passible d'une lourde peine.
Le contrôle fait par la mutuelle des ex employés de la BCCE a révélé que les retenues opérées à la source par le ministère des Finances, la BCC et le fameux collectif par la décote de 16/00 ont fait subir une perte sèche totale de 52/00 sur le solde encore de 22.184.185 dollars américains, selon l'arrêt de la Cour d'appel de Kinshasa -Gombe. Un montant vraiment astronomique !
23 ans après, les décomptes finals non encore apurés
Mais le gouvernement de l'époque, refusant de se conformer à l'arrêt de la justice, avait d'autorité versé la créance des ex-agents et cadres de l'ex- BCCE dans la dette publique sociale gérée par la DGDP. Faisant contre mauvaise fortune bonne figure, ces pauvres, la mort dans l'âme, n'ont pas eu d'autre choix que de s'y soumettre.
Jusqu'à présent, ces décomptes finals ne sont pas encore toujours apurés, 23 ans passés.
Comme conséquence, le chiffre de morts a dépassé ce jour le nombre de 500 sur 1910 qu'ils étaient en 2003, lors de la liquidation forcée de la BCCE.
La présence d'Adolphe Muzito au gouvernement suscite l'espoir.
Les ex-employés de la BCCE ont jubilé à l'annonce de la nomination d'Adolphe Muzito au poste de vice Premier ministre, ministre du Budget. Connaissant très bien les tenants et les aboutissants du dossier, ils espèrent qu'il va certainement apporter la lumière aux autres membres du gouvernement Suminwa, pour le traitement objectif et définitif de ce dossier qui n'a que trop duré et fait couler beaucoup d'encre et de salive.
Pour eux, le fait qu'ils aient mis un peu d'eau dans leur vin en cessant avec la voie judiciaire, ils pensent que le gouvernement va leur rendre la monnaie de leur pièce en leur faisant bénéficier de leur droit, qui n'est pas une libéralité.
Selon eux, le moment idéal est là, car, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par se lever.
Muke MUKE