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Chômage, Kuluna, chanvre… : une bombe à retardement pour la jeunesse congolaise
Les Congolais ne cessent de clamer quotidiennement que l’avenir de leur pays repose sur la jeunesse. Cependant, à voir les choses telles qu’elles se passent sur le terrain, c’est le contraire que nous vivons. D’aucuns se posent de sérieuses questions sur ce que va devenir le Congo si des mesures drastiques ne sont pas arrêtées pour un encadrement efficient de la jeunesse.
Le tableau est sombre. Le taux de chômage ne fait que grimper. Cette oisiveté des jeunes en âge de travailler a comme conséquence immédiate la délinquance juvénile avec ses effets corolaires pernicieux. En exergue, le phénomène « kuluna« , nom attribué à ces jeunes hors-la-loi qui sèment mort et désolation dans la paisible population.
Cette forme de délinquance s’est développée au début des années 2000, où des bandes de brigands des communes voisines ont commencé à se livrer des batailles sauvages.
N’étant pas réprimés dans les premiers jours, ils ont commencé à s’attaquer aux paisibles citoyens en commettant viols, blessures, assassinats et autres actes abominables. Ces forfaits sont exacerbés par la drogue et les liqueurs fortes que ces jeunes ingurgitent au quotidien.
Nombre d’observateurs déplorent l’impuissance de l’autorité face aux fabricants et aux vendeurs de ces produits dont la fabrication et la consommation sont formellement interdites par la loi. Là où le bât blesse, c’est le fait que le commerce desdits produits s’exerce au vu et au su des services sensés réprimer leurs auteurs. Cela, même dans des milieux insoupçonnés.
La consommation de ces drogues a aussi des répercussions sur la santé des jeunes dont la société a besoin pour son développement. Il va de soi que de tels citoyens drogués ne peuvent pas agir en âme et conscience.
Malheureusement, le Conseil national de la jeunesse (CNJ) qui aurait pu jouer le rôle de catalyseur de ces jeunes est en train de s’embourber dans des divisions stériles, qui anesthésient sa mission. Le CNJ, aujourd’hui, est confondu à la fédération d’un parti politique. C’est cette ambivalence qui est à l’origine du désordre observé dans le milieu de jeunes.
Ce conseil, créé en 1994 par l’Etat congolais, a pour but de fédérer toutes les organisations et tous les mouvements de la jeunesse aux fins des actions concertées pour des résultats efficaces et durables. Malheureusement, très peu de Congolais sont capables de dire ce que cet organe fait concrètement sur le terrain. Car, à voir la vie des jeunes, englués dans des antivaleurs, on est prêt à réclamer sa suppression pour épargner au Trésor public des dépenses inutiles. Muke MUKE