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Attentat à Bukavu : Tshisekedi dénonce « un acte terroriste » et accuse une armée étrangère
La ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, a été secouée par deux explosions meurtrières hier jeudi 27 février. Ces détonations sont survenues lors d’un meeting du groupe armé M23 à la place de l’Indépendance. Cet événement, qui a rassemblé une foule nombreuse, a viré au drame, causant plusieurs morts et blessés.
Selon plusieurs témoins, une première explosion a semé la panique parmi les spectateurs. Elle a poussé la foule à fuir. Quelques instants plus tard, une deuxième détonation a retenti, causant, cette fois, des dégâts macabres. Le bilan provisoire établit par le gouvernement fait état de 7 morts et d’une dizaine de blessés.
Quelques heures après la tragédie, la Présidence de la République a publié un communiqué dans lequel le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a exprimé sa douleur face à la perte de plusieurs compatriotes.
«Le président Félix Tshisekedi a appris avec peine la mort de plusieurs compatriotes dans ces explosions et condamne fermement cet acte terroriste odieux», a déclaré la présidence sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Le président congolais a également pointé du doigt une «armée étrangère» qu’il accuse d’opérer illégalement en République démocratique du Congo et d’être responsable de cette attaque. Il a appelé les Congolais à l’unité et à la résilience face à cette menace, tout en promettant que justice sera rendue aux victimes.
Bukavu sous occupation du M23
Bukavu est sous occupation du M23 depuis le 16 février dernier, quelques semaines après la prise de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu. Depuis, la situation sécuritaire reste extrêmement tendue.
Groupe armé soutenu selon plusieurs rapports de l’ONU par le Rwanda, le M23 mène une offensive militaire dans l’Est de la RDC depuis 2021. Kinshasa accuse Kigali de chercher à déstabiliser le pays et d’exploiter illégalement ses ressources naturelles, des accusations que le Rwanda dément.
Pendant ce temps, la population de Bukavu, déjà éprouvée par des décennies de conflit, redoute une nouvelle vague de violences. Entre-temps, la RDC continue d’exiger des sanctions contre le Rwanda et un soutien militaire pour mettre fin à l’occupation de l’Est du pays.
Le gouvernement congolais tente de mobiliser la population pour contrer l’avancée du M23 et restaurer la souveraineté du pays. Félix Tshisekedi a récemment appelé les jeunes Congolais à s’enrôler dans l’armée pour défendre l’intégrité territoriale de la RDC.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO