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Sanctions contre James Kabarebe : Ça sent la complaisance
La République démocratique du Congo est en train de battre à plat couture le Rwanda sur le front diplomatique, en rapport avec la guerre que lui fait injustement Paul Kagame. La pression est tellement forte que même les soutiens les plus avérés du dictateur rwandais commencent à lâcher du lest. C'est dans ce contexte qu'il faut situer les sanctions américaines contre l'ex général James Kabarehe,ministre rwandais de l'Intégration régionale. Ces sanctions frappent aussi un cadre du M23.
Au regard de l'architecture institutionnelle du pays des Mille et une collines, les deux personnages ciblés paraissent comme des menus frétins parce que tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d'un homme orchestre, Paul Kagame. C'est lui qui régente tout au Rwanda. Ses collaborateurs ne sont que des simples figurants, les exécutants de ses basses besognes.
C'est pourquoi, s'attaquer aux effets sans déraciner le mal nous paraît comme de la complaisance. Le mal ici, nous ne cesserons de le dire, s'appelle Paul Kagame. Avant son avènement au pouvoir à Kigali, les relations entre la RDC et le Rwanda étaient plus que conviviales.
Les différentes communautés ethno-tribales du grand Kivu vivaient en parfaite harmonie, sans aucun complexe. Les Congolais de Goma pouvaient traverser la frontière et se rendre à Gisenyi, et vice-versa sans contrainte. La Communauté économique des pays de grands lacs ( CEPGL) qui regroupait la RDC, le Burundi et le Rwanda, était l'une des institutions politico-socio-économiques les plus viables de l'Afrique.
Malheureusement, le diable de division s'est introduit dans la sous-région à travers Kagame et a réduit à zéro tout l'édifice harmonieux monté par Mobutu et ses pairs rwandais et burundais.
Cibler l'acteur principal de la crise
Après plusieurs tergiversations, les partenaires du Rwanda ont fini par reconnaître officiellement le rôle néfaste que le dictateur rwandais joue dans la déstabilisation de la RDC, surtout dans le pillage de ses ressources naturelles. Ce qui justifie la multitude de condamnations contre Kigali.
Les sanctions contre le ministre rwandais de l'Intégration régionale ne doivent être considérées que comme une sonnette d'alarme. Il faut aller encore plus loin en touchant Kagame en tant qu'individu.
Ensuite, viser les intérêts du Rwanda en désarticulant son économie. Par exemple, interdire l'achat des minerais de sang en provenance de ce pays qui n'en produit pas. Annnuler tous les partenariats conclus dans le cadre de Visit Rwanda. Annuler toutes les manifestations de diverses natures programmées dans ce pays.
À ce propos, il convient de saluer les mesures de la Commission européenne qui vient de suspendre les consultations de défense avec ce pays ainsi que le réexamen de l'accord sur les matières premières essentielles. Un grand pas franchi.
Certaines de ces sanctions sont susceptibles de susciter le mécontetement dans la population rwandaise qui, exacerbée, peut provoquer la chute du régime totalitaire en place depuis plusieurs années.
En tout état de cause, si réellement la communauté internationale est pour la cause de la justice et de la paix, en d'autres termes pour la RDC, la coalition M 23-RDF peut être mise hors d'état de nuire dans un laps de temps très court si toutes ses sources de financement sont coupées. Pour y arriver ,il faut que les partenaires de la RDC soient sincères et non complaisants.
Muke MUKE