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Remplacement de Kamerhe, l’unité de l’USN mise à rude épreuve
Faire partir Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée nationale a été peut être facile, mais son remplacement à ce poste risque de sonner le glas de l’Union sacrée pour la nation (USN). L’ambiance chaude qui s’observe dans le hall du Palais du peuple en dit long. Il en est de même des déclarations des différentes parties prenantes à cette élection où l’on note des prises de position tranchées.
Il y a notamment les partisans de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et leurs alliés. Ils revendiquent ce poste qui, selon eux, leur revient de plein droit. Ils estiment que leur poids politique dans l’Assemblée nationale et dans l’USN les place en pole position pour jouer un rôle de premier plan sur l’échiquier politique national.
En plus, ils rappellent, haut et fort, l’alliance historique scellée à Nairobi entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, pacte qui a abouti à la victoire du premier à l’élection présidentielle de 2018, et qui a balisé la voie au succès haut la main du leader de l’USN à l’élection de 2023. D’aucuns reconnaissent que Vital Kamerhe a été pour beaucoup dans toutes ces manœuvres politiques.
Outre les fidèles de l’UNC et alliés, il y a lieu d’épingler la position de ceux qui sont attachés à la géopolitique. Pour eux, l’USN doit tenir compte de la donne Est du pays. Cette partie de la RDC dont les populations sont victimes des atrocités des rebelles appuyés par le Rwanda, mérite une part des responsabilités dans la gestion de l’État pour un équilibre géopolitique.
En face de ceux qui plaident pour la ‘réalité’ Kamerhe, se dressent ses adversaires jurés qui sont déterminés à l’enterrer politiquement, hic et nunc, en latin «sur le champ, sans délai». D’où la campagne menée avant terme contre une probable candidature de l’UNC Aimé Boji, une des figures de proue du parti de Vital Kamerhe.
À analyser de près la situation dans l’hémicycle du Palais du peuple, l’on est surpris de constater que l’unité de l’USN tant vantée après le congrès qui s’est tenu dernièrement à Kinshasa n’est que de façade. Jamais, on n’a vécu pareille bataille ailleurs où les membres d’une même famille politique s’entredéchirent pour leur positionnement individuel. Que deux partis opposés politiquement arrivent à s’affronter pour le contrôle de la majorité parlementaire, gage de la direction du gouvernement, comme c’est le cas aujourd’hui en France avec la droite et la gauche, cela est compréhensible. Mais que les sociétaires d’une même famille idéologique se tirent dessus, dépasse tout entendement.
Après l’élection du speaker, est-ce l’implosion?
La tension observée ces derniers moments entre certains gros poissons de l’USN à cause du poste de président de la chambre basse du Parlement, pousse les citoyens lambda à se poser la question sur l’avenir de la méga plateforme présidentielle. Même si du bout des lèvres les sociétaires s’embrassent et font semblant d’unité, leur scénario peut ressembler au baiser de Judas, dont le cœur n’était plus avec les autres apôtres. Ça serait une ambiance des hypocrites.
Il y a un réel risque d’implosion, si on ne fait pas attention, après le vote pour le remplacement de Vital Kamerhe. Les divergences vont certainement apparaître au grand jour, et ressouder les parties écartelées ne sera pas facile.
Par ailleurs, la population suit de près la situation avec un cœur plein de déception. Un demi-mois après l’ouverture solennelle de la session, le bilan est négatif alors que le pays est confronté à d’innombrables défis. Les députés ont fait preuve d’une précipitation inouïe pour pousser Vital Kamerhe à la démission. S’ils avaient adopté la même attitude face aux problèmes préoccupants de manque d’eau, d’énergie électrique, d’embouteillages, d’insécurité et surtout de l’Est du pays, le peuple ne vivrait pas dans les conditions qui sont les siennes aujourd’hui. N’empêche. Qu’ils n’oublient pas qu’il y a des élections en 2028 !
Muke MUKE