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Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
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Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
RDC-Rwanda : un accord entre États, mais une guerre sans vainqueur si l’essentiel est oublié
La signature d’un accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, saluée comme une avancée diplomatique historique, masque pourtant une faille béante : celle de l’absence de véritables protagonistes du conflit armé qui endeuille l’Est du Congo. Car si les chancelleries se félicitent, les armes, elles, n’ont pas encore rendu leur verdict.
Comme l’a justement relevé notre confrère Christophe Rigaud, ce scénario d’un apaisement par le haut reste un vœu pieux tant qu’un acteur essentiel, le M23, reste en marge du processus. On ne construit pas la paix sans les belligérants. C’est une leçon que l’histoire congolaise et africaine, hélas, enseigne depuis des décennies.
Le M23, bien loin d’être un simple pantin de Kigali, est aujourd’hui solidement ancré dans le paysage militaire et territorial du Nord-Kivu. Depuis plus de six mois, ses troupes tiennent des positions stratégiques, recrutent et s’imposent comme une force incontournable. Le pari congolais et américain, qui consiste à croire qu’une pression sur Kigali suffira à désarticuler le M23, semble aujourd’hui relever plus de la posture diplomatique que de la stratégie réaliste. L’expérience de 2013, où un accord bilatéral avait contribué à l’éparpillement du M23, ne saurait se reproduire à l’identique en 2025. Le contexte est radicalement différent : nouveaux alliés, nouveaux enjeux et surtout un M23 en position de force.
L’autre angle mort de cet accord réside dans le dispositif de surveillance et de mise en œuvre. Qui garantira le respect de cet engagement sur un terrain où les précédents accords de cessez-le-feu ont tous été bafoués ? La MONUSCO, en phase de retrait, reste affaiblie et contestée. La SADEC et l’EAC, déjà divisées sur la gestion de la crise congolaise, peinent à parler d’une même voix. Quant aux États-Unis, s’ils brandissent la menace diplomatique, ils restent prudents sur l’envoi de troupes et sur leur degré d’implication à long terme.
Pour Kinshasa, cet accord est avant tout une bouffée d’oxygène politique. Félix Tshisekedi, fragilisé par des revers militaires successifs et une pression sociale croissante, y voit l’opportunité de reprendre l’initiative, d’élargir sa base politique en relançant son projet d’union nationale et de gagner en stature à l’approche d’un rendez-vous diplomatique majeur à la Maison Blanche. Mais cette embellie diplomatique ne sera qu’une illusion si le terrain continue de s’ensanglanter.
La paix ne se décrète pas dans les salons feutrés de Washington. Elle se bâtit sur le terrain, en intégrant tous les acteurs armés, qu’ils soient rebelles ou supplétifs de l’armée régulière, en désarmant les groupes terrorisant les populations et en répondant aux causes profondes de la crise : les frustrations communautaires, la compétition foncière et minière, et l’absence d’un État impartial et fort dans cette région.
Le président Tshisekedi, comme ses partenaires internationaux, devra rapidement sortir de la diplomatie des effets d’annonce et affronter la dure réalité d’un conflit où la paix ne se gagne ni sur papier ni à coups de communiqués, mais par une stratégie globale, inclusive et sincère. Faute de quoi, cet accord rejoindra la longue liste des traités oubliés de la région des Grands Lacs.
Jérémie ASOKO