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Kinshasa : 600 bâtisseurs du Service national déployés pour lancer l'assainissement de la capitale
Six cents jeunes formés par le Service national ont regagné la capitale congolaise dimanche 21 juin, avec pour mission de participer à l'assainissement de la ville et au rétablissement de l'ordre public. Acheminés par vagues successives à bord de quatre avions, ces nouveaux bâtisseurs, pour la plupart d'anciens délinquants réinsérés, se disent prêts à mettre en pratique la formation reçue à Kaniama Kasese.
Le premier contingent de 150 éléments a atterri à Kinshasa quelques minutes après midi. Trois autres rotations aériennes ont suivi au cours de la journée, portant à 600 le nombre total de bâtisseurs déployés en l'espace de quelques heures.
Le groupe réunit des profils variés. Certains avaient quitté Kinshasa il y a deux ans pour intégrer le programme de rééducation et de formation du Service national. D'autres, originaires notamment du Haut-Katanga, du Lualaba ou encore du Kasaï Oriental, découvrent la capitale pour la première fois. Tous affichent cependant le même objectif : contribuer à rendre la ville plus propre et plus disciplinée.
« Nous étions ici à Kinshasa comme des vagabonds, sans repères. Le Chef de l'État a décidé de nous envoyer à Kaniama Kasese pour être formés. Aujourd'hui, nous revenons avec une mission : assainir la ville », a témoigné l'un des bâtisseurs.
Un autre reconnaît sans détour son passé avant de promettre un changement durable. « Les autorités comptent sur nous à cent pour cent. Si c'était une aventure, nous ne serions pas revenus à Kinshasa. Jadis, nous étions des bandits, des ex-Kuluna. Aujourd'hui, nous revenons pour servir la population. »
« LE PROBLÈME N'EST PAS L'EFFECTIF MAIS PLUTÔT L'EFFICACITÉ DES UNITÉS… »
Pour plusieurs d'entre eux, cette nouvelle affectation symbolise une seconde chance et la preuve qu'une réinsertion est possible après une formation rigoureuse.
Le commandant du Service national, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, s'est montré confiant quant aux capacités opérationnelles de ses hommes. Selon lui, la réussite de cette mission ne dépend pas du nombre d'agents mobilisés, mais de leur niveau de préparation.
« Le problème, ce n'est pas l'effectif. Le problème, c'est l'efficacité des unités que nous avons. Les jeunes que vous voyez ici sont bien formés et bien préparés pour rétablir l'ordre dans la ville de Kinshasa. Dès la semaine prochaine, nous allons nous mettre à l'œuvre et vous pourrez nous juger sur les résultats », a-t-il déclaré.
Le déploiement de ces bâtisseurs s'inscrit dans la stratégie des autorités visant à renforcer l'assainissement de Kinshasa tout en poursuivant la réinsertion sociale des jeunes passés par le Service national. Les prochains jours permettront de mesurer l'impact concret de cette nouvelle vague d'interventions sur le terrain.
Jérémie ASOKO