Dernière minute
Société
Kosepela ezalaka na retar te. Ata ndele tokosepela kaka". Autrement dit, "Se réjouir n'est jamais tard !. Tôt ou tard, nous nous réjouirons quand même. ", telle est la traduction française de cette phrase en lingala. Un message trouvé, comme d'autres d'ailleurs sur la portière arrière d'un…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
La 12ème édition du Forum international des élites féminines (Fief) a officiellement démarré jeudi à Kinshasa pour renforcer les capacités des femmes et des jeunes filles et favoriser leur…
Étranger
Le Maroc a, pour la première fois de son histoire, une femme comme Première ministre: Fatima Ezzahra El Mansouri issue du Parti Authenticité et Modernité. Le Roi Mohammed VI a procédé à sa…
Nation
Dans le quartier populaire de Delvaux dans la commune de Ngaliema, des artistes talentueux ont investi depuis plusieurs années un grand espace le long de la route qui va à Matadi, en passant par l…
Le triomphe de la compagnie Pepenas avec "Ata ndele ekoya"
Invité d'honneur à la prestigieuse Expression International Dance Competition en Italie, le collectif kinois porte haut les couleurs de la République démocratique du Congo. Derrière ce rayonnement international se cache pourtant l'histoire poignante d'une création née dans les murs du Centre Wallonie-Bruxelles, portée par la sueur des artistes, mais tristement ignorée par les autorités nationales.
Du 19 au 21 février 2027, la ville de Florence vibrera au rythme de la danse mondiale à l'occasion de la 22e édition de DanzainFiera, le plus grand salon international consacré à la discipline. C'est au cœur de la Fortezza da Basso que la Compagnie Pepenas de Kinshasa présentera, pour sa deuxième invitation à cet événement d'envergure, son spectacle-performance " Ata ndele, ekoya ". Une consécration internationale qui place la participation au festival en Italie au tout premier plan de l'actualité culturelle congolaise.
UNE NAISSANCE ET UNE PREMIERE PRODUCTION SOUS LE SIGNE DU CENTRE WALLONIE-BRUXELLES
L'histoire de cette œuvre engagée, sous-titrée "Prévention d'une conscience", trouve ses racines profondes à Kinshasa. Tout commence en juin 2025, plus précisément du 2 au 7 juin, lors d'une résidence de création décisive accordée par la directrice du Centre Wallonie-Bruxelles, Cécile Djunga.
C'est dans cet espace d'accompagnement culturel que le projet a vu le jour, donnant lieu à une première production très remarquée devant un parterre de personnalités influentes, dont Françoise Balais (Institut Français de Kinshasa), Cécile Djunga (Centre Wallonie-Bruxelles) et Élodie Cacheux (Pôle Eunic), venues assister à la représentation. Fort de ce succès initial, le spectacle a ensuite séduit le festival Série 7, avant d'attirer l'œil avisé de Monsieur Albert, littéralement conquis par la performance, ouvrant ainsi la voie royale vers l'Italie.
UN SPECTACLE-MIROIR : LA REVOLTE ET LA PREVENTION
D'une durée de 45 minutes, " Ata ndele, ekoya " puise sa source dans les marches pacifiques traversant la RDC, où un peuple meurtri réclame justice et dignité face à la mauvaise gestion de la chose publique, à l'image des femmes de Mwenga au Nord-Kivu. Le point de départ scénique est saisissant, une prophétie entendue de la bouche d'un prophète ambulant à bord d'un taxi-bus " 207 ", annonçant une montée de fièvre et un feu ardent en hommage aux héros sacrifiés.
Sur scène, les corps se font porte-paroles. Entre gaz lacrymogènes mimés, grondements de tonnerre, solos et improvisations, la dramaturgie se déploie sur une bande sonore live mêlant " du rock au ndombolo ", un nouveau langage artistique façonné par la compagnie.
Porté par le chorégraphe et danseur Naswa Pepe Raison dit Elmas, accompagné sur scène de cinq danseurs professionnels de la 4e génération (Lumingu Kangudi Eunice, Bola Ikina Hadassa, Pongo Loleke Daniel, Lumingu Tshilombo David et Malombo Falonne Falonne) , le message est universel : " Porter la voix de ce peuple sous une autre forme, à travers des corps révolutionnaires, afin d'attirer l'attention des concernés ", a confié Elmas.
Il rappelle avec force que ce peuple ne réclame que son droit le plus légitime à la santé, à l'éducation et à une justice équitable, résumant la philosophie de la troupe :
" On apprend à se lever pour résister, on se tient debout pour exister. On se tient main dans la main pour ne pas rester seul".
ENTRE RAYONNEMENT INTERNATIONAL ET ABANDON INSTITUTIONNEL
Pour le chorégraphe, s'envoler pour Florence va bien au-delà de la compétition. Selon lui, cela est une opportunité de porter haut le drapeau de la RDC, de faire entendre la voix du peuple congolais à travers la danse contemporaine. Il tient à rappeler au monde que Kinshasa demeure aussi une capitale de création et de résistance artistique.
Cependant, dit-il, cette fierté internationale contraste cruellement avec la dure réalité locale. Avec amertume, Naswa Pepe Raison dénonce le manque total de considération et de soutien du gouvernement congolais pour ce combat culturel. Malgré les discours officiels vantant le " Soft Power ", le ministère de tutelle brille par sa passivité, notamment dans l'accompagnement des artistes pour les tracasseries administratives (difficulté de demande de rendez-vous à la maison Schengen, demandes de visa, ordre de mission inexistante pour les artistes invités dans des festivals et événements internationaux. Tel est le parcours du combattant qui avait déjà compromis le voyage de la compagnie l'année précédente.
Malgré les obstacles et le silence des autorités, la Compagnie Pepenas continue de porter bien haut, par la seule force de son art et de ses résidences formatrices, le flambeau de la culture congolaise à travers le monde.
TMB