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Kasaï-Central : Un voleur présumé poignarde une femme
Le village de Bakuampika, situé dans le groupement de Tshipamba Ndayi, secteur de Tshibote, à environ 18 km à l’ouest du chef-lieu du territoire de Demba au Kasaï-Central, est plongé dans le chaos et la terreur à la suite d’un acte de violence criminelle et une réaction populaire dévastatrice. Un malfaiteur récidiviste a violemment agressé une femme le dimanche 19 octobre, déclenchant une vague de justice populaire qui a conduit à l’incendie de plus de 25 maisons.
Depuis plusieurs semaines, la quiétude de Bakuampika était troublée par les agissements d’un voleur notoire, originaire du village même, selon les affirmations du chef du groupement. L’individu est connu pour ses multiples actes de vol et d’agression.
Le drame a atteint son paroxysme lorsqu’il s’est introduit au domicile d’une femme du village. Après une première dispute alertant les voisins qui sont intervenus pour calmer la situation, le voleur est revenu. Il a agressé la femme dans sa douche, la poignardant grièvement à la partie intime à l’aide d’un couteau.
La victime, gravement blessée et souffrant d’une forte hémorragie, a été transportée au centre de santé de Bakuampika avant d’être transférée en urgence à l’hôpital général de référence de Demba. Les médecins jugent son cas critique, et un transfert vers l’hôpital provincial de Kananga est envisagé pour une prise en charge spécialisée.
Usage de la justice populaire
Malgré l’intervention de deux policiers de la sous-commission de Tshibote et de greffiers, le suspect, dont le chef de groupement, Tshibangu Masanka, a confirmé la récidive (« Il a déjà été arrêté à plusieurs reprises, sans que cela ne tienne»), a réussi à échapper à la justice. Ce sentiment d’impunité a exacerbé la colère des habitants.
C’est finalement un jeune homme réputé pour sa bravoure et l’usage de gris-gris qui serait parvenu à le capturer.
Devant ce qui est perçu comme une incapacité des autorités à maintenir l’ordre, la population, excédée, a usé de la justice populaire. La foule en colère s’est ruée sur le suspect, le tabassant violemment à coups de pilons et de couteaux, lui infligeant de graves blessures.
La tentative d’arrestation et la justice sommaire qui s’en est suivie ont dégénéré en violents affrontements. Les conséquences sont dramatiques pour la communauté : plus de 25 maisons ont été incendiées, plongeant des dizaines de familles dans un profond choc.
Plusieurs familles se retrouvent désormais sans abri et passent la nuit à la belle étoile, augmentant la précarité dans un village déjà fragilisé.
Cet événement survient dans un contexte d’instabilité locale plus large, rappelant un cas similaire enregistré ce mois-ci à Lombelo, où plus de 50 maisons avaient été brûlées à la suite d’un conflit de pouvoir. La récurrence de la violence populaire et des destructions matérielles massives souligne l’urgence d’une présence étatique effective et de mécanismes de résolution des conflits crédibles dans le territoire de Demba.
Félix MULUMBA KALEMBA