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Sud-Kivu : les violences armées poussent des milliers de familles à l'exode
Les violences armées qui secouent la province du Sud-Kivu depuis le début du mois de décembre continuent d'avoir des conséquences dramatiques sur les populations civiles. Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les affrontements ont provoqué un afflux massif de blessés et contraint des milliers de familles à fuir leurs foyers, souvent dans la précipitation et sans aucune assistance.
Dépourvues de tout, ces familles ont pris les routes de l'exode, cherchant refuge soit dans d'autres zones de l'est de la RDC, soit dans des pays voisins. Dans la confusion des déplacements, de nombreuses personnes ont perdu tout contact avec leurs proches, séparés durant la fuite, accentuant ainsi leur vulnérabilité psychologique et sociale.
Face à cette situation, les équipes du CICR, en collaboration avec les Croix-Rouge de la RDC, du Burundi et du Rwanda, se mobilisent pour répondre aux besoins les plus urgents. Elles s'emploient notamment à faciliter le rétablissement des liens familiaux et à assurer la prise en charge médicale des blessés issus des récents combats.
POURSUITE DE COMBATS DANS D'AUTRES ZONES
À Uvira, chef-lieu d'un des territoires les plus touchés, la situation commence timidement à se stabiliser. Cependant, les combats se poursuivent dans d'autres zones du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Mwenga et de Fizi, où l'insécurité continue d'alimenter les déplacements forcés et d'augmenter le nombre de victimes civiles.
Entre le 2 et le 16 décembre, l'Hôpital général de référence de Fizi, appuyé par le CICR, a accueilli près de 20 blessés par armes, en majorité issus des récents affrontements dans ce territoire. Parallèlement, plus de quarante blessés civils sont encore internés à l'Hôpital général de référence d'Uvira.
Selon Moussa Badji, coordinateur médical du CICR en RDC, plus de 100 personnes blessées par armes ont été prises en charge depuis le 2 décembre dans ces deux structures sanitaires. Cette prise en charge a été rendue possible grâce au soutien du CICR, qui fournit depuis plusieurs mois des intrants médicaux, des médicaments vitaux et des formations au personnel soignant.
Au-delà des soins médicaux, le CICR a également apporté un appui logistique et matériel à la Croix-Rouge de la RDC pour la gestion des dépouilles mortelles. À Uvira et sur la plaine de la Ruzizi, des enterrements dignes et sécurisés ont pu être organisés depuis le 11 décembre, dans le respect des normes humanitaires.
PRESENCE DES RESTES D'EXPLOSIFS, UNE MENACE IMMEDIATE
La situation sécuritaire a également entraîné une forte contamination des zones de vie par les armes. L'axe Kamanyola-Uvira, théâtre de combats particulièrement violents, a été touché par l'utilisation d'artillerie et d'armes explosives, laissant derrière elles de nombreuses munitions non explosées ou abandonnées.
Des localités comme Luvungi et Sange, dans le territoire d'Uvira, figurent parmi les zones les plus affectées par cette pollution explosive. Ces engins représentent un danger permanent pour les civils, en particulier pour les enfants et les personnes déplacées qui commencent à regagner leurs villages.
Le CICR se dit profondément préoccupé par les risques encourus par les populations. Alors que certains déplacés amorcent un retour progressif, la présence de restes explosifs de guerre constitue une menace immédiate. L'organisation appelle à une vigilance accrue et à des actions urgentes de prévention afin d'éviter de nouvelles pertes en vies humaines dans un contexte humanitaire déjà extrêmement fragile. Pascal NDUYIRI