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Procès Kabila : la Haute Cour militaire prononce son verdict ce mardi
Le mardi 30 septembre s'annonce un jour décisif pour l'issue du procès tonitruant contre l'ancien chef d'Etat de la République démocratique du Congo. Dans un extrait de rôle, la Haute Cour militaire a prévu de rendre son verdict dans l'affaire opposant Joseph Kabila au ministère public.
Après près de trois mois de procès, le sort de l'ancien chef de l'État, jugé par contumace, sera scellé. L'audience débutera à 09 h, heure de Kinshasa, a indiqué la Haute Cour militaire qui siégera en matière répressive au premier degré dans la salle habituelle de ses audiences, située au rez-de-chaussée du nouveau Palais de Justice.
" L'Auditeur général, ministère public près la Haute Cour militaire, ainsi que les parties civiles, notamment la République démocratique du Congo, les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, ainsi que les ONG de défense des victimes de crimes sans frontières et Actions d'accompagnement des veuves et orphelins victimes de guerre, contre le sénateur à vie Joseph Kabila, poursuivi pour notamment participation à un mouvement insurrectionnel ; crime contre la paix et la sécurité de l'humanité ; homicide intentionnel par balles ; trahison ; apologie ; viol ; torture ; déportation ; occupation à force ouverte de la ville de Goma ", renseigne le document.
M. Kabila s'attendrait à une peine lourde. Dans son réquisitoire, le général Lucien-René Likulia Bakumi, représentant le ministère public, avait sollicité une peine de mort contre l'ancien dirigeant de la République démocratique du Congo. Une sentence jugée lourde par les avocats de la République qui ont demandé la peine de prison à perpétuité en lieu et place de la peine capitale.
Lors de l'audience précédente, les avocats de la République, défendant la partie civile, ont, par ailleurs, plaidé pour la requalification de l'infraction " haute trahison" en " espionnage ", indiquant que Kabila, qui aurait une nationalité rwandaise, selon eux, aurait espionné le pays pendant toutes les années de son règne.
L'audience, qui avait précédé celle dont le réquisitoire du ministère public avait été prononcé, avait demandé la comparution de quelques témoins, qui devaient se prononcer par rapport aux griefs qui pèsent sur Joseph Kabila. Cependant, ces derniers n'ont pas pu témoigner, craignant pour leur sécurité.
Ce mardi, les yeux de plus de 110 millions de Congolais seront rivés vers la plus grande instance judiciaire militaire du pays qui prononcera son arrêt à l'issue d'un procès qui divise l'opinion congolaise depuis son ouverture, dans un contexte où la situation sécuritaire reste volatile dans la partie Est du pays où les villes de Goma et Bukavu sont sous l'emprise des rebelles de l'AFC-M23. D'aucuns estiment que cette procédure judiciaire inédite en RDC serait inopportune dans un pays qui cherche à consolider l'unité face aux menaces de balkanisation.
Patient Mubiayi MBY