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ONG, lanceurs d’alerte etc. : arrêtez de soumettre les miniers à des renégociations interminables des contrats conclus !
* Moins de 5% du potentiel minier national est en exploitation et environ 3 % seulement exploité par des vrais exploitants industriels. Preuve qu’il y a de la place pour tout le monde ?
* Les ONG, lanceurs d’alerte et autres thinks thanks RDCongolais feraient œuvre utile en convainquant les miniers ayant quitté le Congo et qui veulent y revenir de s’intéresser plutôt aux 90 % du potentiel minier encore inexploré…
Après tout, la vérité mise récemment sur la place publique par Jean-Jacques Kayembe, coordonnateur de l’ITIE (Initiative pour la Transparence de l’Industrie Extractive) est que «Toutes les mines que nous connaissons viennent des recherches effectuées il y a 80 ans, 100 ans (...) ; moins de 20% du territoire a connu des études poussées_». C’est dans une dépêche de l’AFP intitulée «RDC: face à la Chine, offensive américaine sur les minerais» publiée le 26 août 2025. Une semaine plus tôt, une vidéo mise en ligne le 19 août 2025 s’est avérée édifiante et convaincante. Interviewé par Christian Lusakweno lors de la 9ème édition du TICAD (Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique organisée du 20 au 22 août 2025 à Yokohama, au Japon), le ministre congolais des Mines Louis Watum a abordé des éléments de clarification qui méritent également d’être rappelés…
«Il faut regarder les choses dans la globalité. Aujourd’hui, 5% seulement de notre territoire est exploité du point de vue géologique et environ 3 % est exploité par des vrais exploitants industriels (...) Nous parlons de moins de 10 %. Les 90 % sont là vierges comme au premier jour. (...) Il y a de la place pour tout le monde. Ça ne devrait pas être un grand problème», a-t-il déclaré.
À propos justement des Chinois, il s’est voulu explicite pour éviter tout quiproquo : «Les Chinois semblent avoir une longueur d’avance parce qu’ils avaient compris très vite les opportunités qu’il y avait. Ils avaient apporté les capitaux et la technologie. Personne ne leur a déroulé le tapis rouge. Ils ont vu les opportunités, ils ont sauté dessus».
À propos des Américains, il va préciser : «Aujourd’hui, nous parlons avec les Américains. C’est une très bonne chose qu’ils viennent également».
«QUI VA A LA CHASSE QUITTE SA PLACE»
Ainsi, les choses sont claires du côté RDC autant avec l’ITIE que le Gouvernement : il y a de la place (lisez gisements) pour tout le monde.
Certes, en investissant dans les 3 des 5 % des minerais découverts il y a une centaine d’années (pour citer le coordonnateur de l’ITIE Jean-Jacques Kayembe), les Orientaux que sont particulièrement les Chinois et les Indo-Pakistanais agissent comme s’ils venaient récolter dans les champs qu’ils n’ont pas semés !
Comment en est-on arrivé là? Et qui peut leur jeter la première pierre ?
L’Histoire mérite ce petit rappel des faits ignorés probablement des ONG, des lanceurs d’alerte et des Thinks Thanks RDCongolais mobilisés dans la besogne de réclamer la ré-visitation continue des contrats miniers déjà signés.
La première exploitation minière à l’échelle industrielle remonte à l’année 1925. Elle était essentiellement l’œuvre des puissances occidentales réunies dans un consortium ayant donné naissance à l’UMHK (Union Minière du Haut-Katanga), actuelle Gécamines.
Or, l’entrée des Chinois dans l’exploitation minière à l’échelle industrielle remonte à l’année 2015 avec la mise en service de la Sino-Congolaise des Mines (SICOMINES), cela dans le cadre du contrat sino-congolais conclu en 2008.
Concrètement parlant, la Chine est entrée dans les mines congolaises 90 ans après les Belges via les Américains. Et encore que la Chine a trouvé une RDC quasiment «mise en jachères» par les puissances occidentales, dans la foulée évidemment de la Perestroïka survenue en 1989.
Misant apparemment sur la fin du monopartisme d’Etat, c’est-à-dire la chute prévisible du maréchal Mobutu (jusque-là le gendarme de leurs intérêts en Afrique centrale), les Américains avaient opté pour le désinvestissement au Zaïre, aidés en cela par la Belgique très impliquée au cours de la Transition 1990-1997 dans l’accentuation de la crise politique, diplomatique, sécuritaire, économique et sociale.
Ainsi, entre 1989 et 2025, les industriels miniers américains se sont désintéressés de Kinshasa. Le coup le plus dur qui soit assené à la RDC est le retrait de TFM (Tenke Fungurume Mining), complexe industriel rendu opérationnel en 2009 et revendu aux Chinois de Molybdenum en 2016, soit en 7 ans seulement d’exploitation.
Rappel des faits ignorés probablement des ONG, des lanceurs d’alerte et des Thinks Thanks RDCongolais mobilisés dans la besogne de réclamer la ré-visitation continue des contrats miniers déjà signés : sous le leadership de Mao Zedong et de Mobutu Sese Seko, Pékin et Kinshasa avaient normalisé en 1972 les relations diplomatiques et la coopération structurelle.
La Chine limitait sa coopération à l’exploitation agricole (cultures maraîchères), à la santé (acupuncture) et à la construction immobilière. Elle a attendu 2008 pour s’intéresser à l’exploitation minière congolaise abandonnée par les Occidentaux début 1990, probablement convaincus de l’impossible survie du pays.
Les Chinois, tout comme les Indo-Pakistanais, ont fait exactement ce que dit le dicton français «Qui va à la chasse quitte sa place».
EXISTENCE D’UN POTENTIEL MINIER DE 90% ENCORE INEXPLORE
Que les Occidentaux en général, Américains en particulier, aient mis une quarantaine d’années pour se ressaisir et cherchent à reprendre leur place dans l’exploitation minière en terre congolaise ne pose aucun problème, à la lumière des réponses du ministre Louis Watum.
Le problème surgit cependant lorsqu’on fait du 5 % en exploitation une fixation pendant que près de 90% du potentiel minier sont disponibles et s’offre à tout preneur !
Pourtant, à l’instar des Chinois et des Indo-pakistanais actifs dans l’exploitation minière en RDC, les Occidentaux disposent aujourd’hui d’équipements de télédétection leur permettant d’accéder facilement aux données en nature, en qualité et en quantité de grande fiabilité.
Si en novembre 1997 l’ambassadeur Bill Richardson affirmait devant de Congrès des États-Unis que la RDC possédait «13 % des réserves hydroélectriques du monde, 20% des réserves de cobalt au monde, 18% des réserves de diamant à usage industriel du monde, 6% des réserves du cuivre du monde, des sols fertiles pour l’agriculture et enfin la moitié des forêts tropicales d’Afrique», c’est qu’en l’espace de 28 ans, Washington (pour les États-Unis) et Bruxelles (pour l’Union européenne) en savent plus aujourd’hui plus que hier.
D’ailleurs, dans cette affaire, il n’y a que Kinshasa à ne rien connaître de ses ressources potentielles, même après s’être doté du Centre National de Télédétection (CNT) appelé à «intervenir dans différents secteurs tels que les mines, l’agriculture, l’exploration et production des hydrocarbures, dans la foresterie et l’environnement, l’aménagement du territoire et l’urbanisation, la gestion des calamités naturelles (éruptions volcaniques, glissements de terrains et érosions), la pêcherie, etc.».
Cet établissement public est-il à ce jour opérationnel ? Là, c’est un autre débat.
Au moins, il y a une bonne nouvelle en ce que le vendredi 22 août 2025 a été signé au Japon, dans le cadre du TICAD2025, un Protocole d’accord entre le Service Géologique National du Congo (SNG-C) et une société nippone dénommée Solafune.
«Cet accord, dont la première phase démarre immédiatement, introduit en RDC, une plateforme qui intègre la technologie de télédétection de données satellitaires et géospatiales ainsi que la technologie d’intelligence artificielle pour doter nos géologues d’outils modernes performants permettant à terme d’avoir une connaissance approfondie de notre sol et de notre sous-sol, notamment pour la découverte de nouveaux gisements miniers», a déclaré le ministre des Mines Louis Watum Kabamba. Celui-là même qui a révélé l’existence d’un potentiel minier de 90 % encore inexploré.
GRACE AUX ORIENTAUX, TOUT LE MONDE REVOIT DANS LE CONGO UN PARTENAIRE POSITIF
Au regard de toutes ces évidences, le problème aujourd’hui devient l’instrumentalisation avéré des ONG, des lanceurs d’alerte et des thinks thanks congolais pour s’en prendre systématiquement aux entreprises minières chinoises et indopakistanaises avec pour seul argument : la ré-visitation répétée des contrats miniers.
Renégocier une fois, c’est normal. Deux fois, c’est passable. Mais trois fois ou plus, ça devient ridicule pour particulièrement pour la partie congolaise, Pouvoirs publics en premier. Ça vire tellement au harcèlement qu’on fait perdre à la RDC sa crédibilité dans le monde des affaires et on dissuade les investisseurs sérieux, crédibles de s’installer dans ce pays.
Pourtant, avec ses potentialités, Kinshasa a intérêt à agir ou réagir – selon le cas - avec lucidité et responsabilité, c’est-à-dire apprendre à rassurer les investisseurs déjà opérationnels.
Après tout, c’est grâce aux Orientaux – dont les Chinois - que tout le monde revoit dans le Congo un partenaire positif.
CP