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Le Gouvernement et la BCC rassurent : "Le mois d'avril s'exécute sans aucun retard dans le paiement des fonctionnaires"
Au cœur du briefing spécial consacré à la politique monétaire, la régularité du paiement des agents de l'Etat s'est imposée comme une priorité.
Face aux interrogations persistantes, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, et le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont levé toute équivoque : la chaîne de paiement est sécurisée, et les fondamentaux budgétaires tiennent bon.
Loin des lectures alarmistes, l'appréciation du franc congolais n'a nullement érodé les finances publiques. Elle les a, au contraire, consolidées. En 2025, les recettes budgétaires ont dépassé les prévisions, culminant à 103,3 % des assignations, soit plus de 28 000 milliards de francs congolais mobilisés. " Il n'y a pas de baisse des recettes ", tranche fermement le gouverneur.
Un constat qui renforce la crédibilité de l'État à honorer ses engagements, au premier rang desquels les salaires, socle de la stabilité sociale.
La lecture des finances publiques ne saurait se limiter aux recettes. La Banque centrale insiste sur une approche d'ensemble, intégrant le double mouvement des recettes et des dépenses. Si l'appréciation du franc réduit mécaniquement la contre-valeur en monnaie nationale de certaines recettes en devises, elle allège simultanément le poids des dépenses libellées en dollars.
Ce jeu d'équilibre débouche sur un résultat net positif : plus de 200 milliards de francs congolais d'économie pour le Trésor. Une marge précieuse, qui consolide la capacité de l'État à financer ses priorités, notamment le paiement des fonctionnaires.
LE MOIS D'AVRIL NE CONNAITRA AUCUN RETARD
Sur le terrain, le message se veut sans ambiguïté : " le mois d'avril s'exécute sans retard dans le paiement des salaires publics", indique le gouverneur de la Banque centrale. Les dysfonctionnements observés les mois précédents ont été identifiés et corrigés, le mois d'avril ne connaitra aucun retard.
La coordination entre la Banque centrale et le ministère des Finances s'opère désormais au quotidien, dans une logique d'ajustement fin de la trésorerie. " Il n'y a pas de tensions entre les institutions ", insiste le gouverneur, balayant toute hypothèse de friction structurelle.
La détente progressive du taux directeur ramené de 25 % à 13,5 % en quelques mois s'inscrit dans cette dynamique. En abaissant le coût du crédit en francs congolais, la Banque centrale entend fluidifier le financement domestique de l'État.
Le cap est clair : orienter davantage l'épargne vers le financement du Trésor, tout en réduisant la dépendance aux ressources extérieures, sans compromettre les équilibres macroéconomiques.
DES EFFETS TANGIBLES POUR LE POUVOIR D'ACHAT DES MENAGES
Au-delà des équations budgétaires, l'objectif reste profondément social. L'appréciation du franc congolais commence à produire des effets concrets pour des ménages : stabilisation des prix du carburant, allègement du coût des loyers, amélioration du revenu réel.
Pour les fonctionnaires rémunérés en monnaie nationale, ces évolutions ne sont pas abstraites. Elles se traduisent par un gain de pouvoir d'achat, dans un contexte longtemps marqué par l'érosion monétaire.
La consolidation de ces acquis passe aussi par une évolution des comportements. La Banque centrale appelle à une réappropriation progressive de la monnaie nationale : épargner et transacter en francs congolais devient non seulement plus rentable, mais aussi plus structurant pour l'économie.
Cette orientation s'accompagne d'une modernisation des circuits financiers, avec la promotion des paiements électroniques et la réduction graduelle des transactions en espèces, notamment en devises.
Dans un environnement international incertain, marqué notamment par les tensions sur les prix du pétrole, les autorités monétaires restent en alerte.
Plusieurs scénarios sont à l'étude, avec des instruments prêts à être mobilisés pour contenir les chocs et préserver la stabilité interne condition sine qua non de la régularité des dépenses publiques.
En ligne de mire : garantir la continuité de l'État et restaurer durablement la confiance. Dans cette équation, la régularité des salaires publics s'impose comme un indicateur clé et, à en croire la Banque centrale, un engagement désormais solidement ancré.
Jérémie ASOKO