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Lomami : le gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko réside hors de sa province !
Élu gouverneur de la province de Lomami le 29 avril 2024 avec 14 voix sur 26 contre 12 pour son adversaire, Onesime Tshibumba Kanyanga, Iron-Van Kalombo Musoko avait vu son élection être validée par la Cour d'appel de Lomami le 16 mai de la même année. Deux ans après son accession à la tête de l'exécutif provincial, des dénonciations persistantes sur sa faible présence dans la province alimentent un vif débat sur la gouvernance locale.
Selon plusieurs critiques, le gouverneur réside principalement à Mbuji-Mayi, dans la province voisine du Kasaï-Oriental, plutôt qu'à Kabinda, chef-lieu de la Lomami. Une situation qui suscite des interrogations sur l'exercice effectif de ses fonctions et sur la capacité de l'autorité provinciale à assurer une gestion de proximité.
Pour de nombreux observateurs, un gouverneur ne se limite pas à signer des actes administratifs. Il est appelé à être présent sur le terrain, à écouter les préoccupations de la population, à superviser les projets de développement et à coordonner les services de l'État. Une absence prolongée ou répétée peut créer un sentiment d'abandon chez les citoyens et ralentir la prise de décisions face aux défis quotidiens de la province.
Peu d'attention accordée à plusieurs entités de la province
Les critiques relèvent également que le gouverneur a accordé peu d'attention à plusieurs entités de la province, notamment à Mwene-Ditu, deuxième pôle urbain de la Lomami, où les attentes en matière d'infrastructures et de développement demeurent importantes. Cette perception nourrit un débat sur l'équilibre territorial de l'action gouvernementale et sur la nécessité d'une présence régulière dans l'ensemble des territoires de la province.
Sur le plan juridique, la Constitution du pays ainsi que les textes régissant la libre administration des provinces ne prévoient pas explicitement l'obligation pour un gouverneur de résider en permanence dans le chef-lieu de sa province. Toutefois, les responsabilités qui lui sont confiées impliquent une présence effective afin d'assurer la coordination de l'administration provinciale, le suivi des politiques publiques et le contrôle des services décentralisés.
Au-delà de la légalité, cette situation renvoie à la notion de bonne gouvernance. Dans une province confrontée à de nombreux défis socio-économiques, la proximité entre les dirigeants et les administrés constitue un facteur essentiel pour renforcer la confiance des populations et améliorer l'efficacité de l'action publique.
Gouverner à distance affaiblit l'autorité de l'Etat
Le silence observé jusqu'à présent des autorités centrales face à ces dénonciations soulève également des interrogations. Si la décentralisation garantit l'autonomie des provinces, le pouvoir central demeure garant du bon fonctionnement des institutions et du respect des principes de gouvernance publique.
En définitive, le débat ne porte pas uniquement sur le lieu de résidence du gouverneur, mais sur la qualité de l'exercice de son mandat. La gestion de la chose publique exige une présence constante auprès des populations, particulièrement dans une province en quête de développement. Pour plusieurs analystes, gouverner à distance risque d'affaiblir l'autorité de l'État et de compromettre les ambitions de développement portées par la décentralisation.
Félix MULUMBA KALEMBA