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L'Armée refuse de donner des béquilles à Paul Kagame
Le samedi 27 décembre 2025, le général- major Sylvain Ekenge, porte -parole des FARDC, s'est exprimé sur les antennes de la Radio -télévision nationale congolaise (RTNC) en tenant des propos jugés contraires à la vision du chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi, qui invite les Congolais à l'unité, à la cohésion nationale et à éviter des discours haineux.
Le contexte sécuritaire dans la partie orientale et politique du pays est tellement fébrile que ce genre de propos d'un officier de haut rang tel que le porte -parole de l'armée ne s'y prête pas. Il est conseillé de tenir compte de certaines circonstances pour ne pas mettre de l'huile sur le feu.
D'aucuns savent, et le général -major Ekenge ne peut l'ignorer, que le plus grand prétexte que Paul Kagame a toujours brandi pour justifier son soutien aux mouvements rebelles créés de toutes pièces à l'Est de la RDC, est la marginalisation de la tribu dite Banyamulenge composée des Tutsi congolais.
Dans un environnement très sensible tel qu'il l'est actuellement, tenir ces genres des propos c'est donner des béquilles à Paul Kagame pour s'attirer la sympathie de la communauté internationale. D'ailleurs, avant que la hiérarchie de l'armée congolaise ne dénonce les propos qu'elle a jugés de "stigmatisants", certains pays partenaires de la RDC notamment la Belgique étaient montés au créneau pour fustiger les déclarations du porte-parole des Forces armées de la RDC. Pourtant, elles ne reflètent pas la position officielle des autorités de l'armée, ni encore moins celle du gouvernement congolais.
OSCAR MBAL, VICTIME COLLATERALE
L'armée est appelée la grande muette. Lorsqu'elle parle, tout bouge. C'est pourquoi, tout officier supérieur, surtout lorsqu'il s'agit de celui qui parle au nom de l'armée, doit avoir de la retenue. La prestation du général -major Ekenge n'était pas un compte -rendu d'une réunion présidée par le Commandant suprême des FARDC ou le chef d'État -major général de ce corps.
Par conséquent, il devait s'abstenir de tout discours discriminatoire surtout que la tension est encore vive au front et qu'il parlait à partir du média public suivi à travers tout le territoire national. Il est évident que la communauté à laquelle il s'en est pris doit s'être sentie frustrée et les tireurs de ficelles de la balkanisation ont trouvé là un argument de taille pour défendre leur plan machiavélique.
La décision très courageuse que vient de prendre la hiérarchie des FARDC doit interpeller certains politiciens qui, pour des raisons de positionnement individuel, ne cessent d'envahir les médias pour tenir des discours quelques fois contraires à la vision du chef de l'État. C'est le cas de ceux qui s'enflamment régulièrement sur les responsables de l'église catholique oubliant le pacte qui lie cette confession religieuse avec l'État congolais. Il en est de même de certains hommes de médias qui ont du mal à cacher leur fanatisme envers l'une ou l'autre partie en compétition.
Par ailleurs, il est regrettable de constater que les propos du porte -parole suspendu des FARDC ait eu des conséquences collatérales sur la carrière de notre confrère Oscar Mbal Kahij, directeur des informations a.i à la RTNC, qui est suspendu de ses fonctions au motif "qu'il a laissé libre cours" à la diffusion de déclarations contraires aux principes d'éthique journalistique et aux valeurs d'unité nationale. C'est pour dire qu'en cette période extrêmement délicate, chacun où il se trouve, quel que soit le poste qu'il occupe, doit faire très attention dans sa manière de s'exprimer et de se comporter.
Muke MUKE