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Haute Cour militaire : le procès Tshiwewe reprend ce jeudi
Sauf imprévu, la Haute Cour militaire reprends ce jeudi 25 juin 2026, l'examen du procès impliquant plusieurs hauts gradés des Forces armées de la RDC (FARDC), dont l'ancien chef d'état-major général, le général d'armée Christian Tshiwewe Songesha, et l'ex-inspecteur général des FARDC, le général John Numbi, actuellement en fuite et jugé par défaut.
Ouvert le 4 juin, le procès a débuté par une audience préliminaire consacrée à l'identification des accusés et à la notification des charges. Au total, dix prévenus neuf officiers et un civil sont poursuivis pour des infractions graves, notamment complot, trahison, apologie du terrorisme, propagation de faux bruits, violation des consignes militaires, désertion à l'étranger, détention illégale d'armes de guerre et incitation à des actes contraires au devoir et à la discipline.
DES ACCUŞÉS ABSENTS ET UN PROCÈS PAR DÉFAUT
La prochaine audience sera consacrée à l'examen des questions de forme, avant l'ouverture des débats sur le fond du dossier, une étape cruciale pour la manifestation de la vérité.
Parmi les prévenus, plusieurs sont absents, dont le général John Numbi, en fuite depuis 2021 après sa révocation de ses fonctions d'inspecteur des FARDC. La Haute Cour militaire a ordonné qu'il soit jugé par défaut, conformément au Code judiciaire judiciaire milita militaire. Deux autres prévenus sont également en cavale.
John Numbi n'en est pas à ses premiers démêlés judiciaires. Il est notamment cité dans l'affaire de l'assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, son chauffeur, un dossier qui avait déjà marqué l'opinion publique congolaise.
DES CHARGES LOURDES ET DES FAITS CONTESTÉS
Présent à l'audience, le général Christian Tshiwewe, qui a dirigé l'armée congolaise entre 2022 et janvier 2025, est au cœur des accusations. Selon le parquet militaire, il aurait été en contact avec John Numbi dès 2023 dans le cadre d'un projet présumé de déstabilisation du régime. Des charges lourdes que l'intéressé a toujours contestées.
Ces accusations contrastent avec ses prises de position publiques de l'époque, où il appelait les troupes à la loyauté envers le président Félix Tshisekedi et mettait en garde contre toute collaboration avec l'ennemi.
Le dossier judiciaire mentionne également la saisie d'un important arsenal militaire dans sa résidence de la Gombe, à Kinshasa. Les autorités affirment avoir découvert, en juillet 2025, 92 fusils d'assaut de type Kalachnikov, 12 lance-grenades RPG-7 ainsi que des milliers de munitions. Ces éléments ont conduit à son arrestation et à son placement en détention à la prison militaire de Ndolo.
De son côté, le ministère public présente John Numbi comme l'un des principaux instigateurs et financiers du projet présumé renversement des institutions. Ancien homme fort du régime de Joseph Kabila, il aurait appelé, depuis son exil, à la désobéissance militaire.
Outre les deux principaux accusés, plusieurs officiers supérieurs comparaissent dans cette affaire, tandis que d'autres sont poursuivis par défaut.
Christian-Timothée MAMPUYA