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Emploi : Ferdinand Massamba promet des sanctions contre les employeurs en infraction
Le ministre de l'Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, annonce des sanctions sévères contre les employeurs qui violent la législation du travail et les droits des travailleurs congolais. À l'issue d'une série de contrôles menés le 17 septembre à Kinshasa, notamment dans des entreprises à capitaux indo-pakistanais, le ministre a dénoncé plusieurs irrégularités et promis d'intensifier les inspections sur l'ensemble du territoire.
" On ne doit pas tolérer ce genre de choses. On va sanctionner conformément aux lois du pays. Personne n'est au-dessus de la loi ", a menacé Ferdinand Massamba devant la presse, après plusieurs descentes effectuées dans les communes de la Gombe, Kintambo et Bandalungwa.
Accompagné de l'inspectrice générale du Travail, Marie Mugalu Muteba, du directeur provincial de l'Inspection du travail de Kinshasa, M. Dako, ainsi que de plusieurs collaborateurs, dont le conseiller Landry Meya Kiala, chargé de l'Inspection du travail et de la protection de la main-d'œuvre nationale face à la concurrence étrangère, le ministre a effectué une série de contrôles inopinés.
PLUSIEURS SITUATIONS PRÉOCCUPANTES SUR LES CONDITIONS DE TRAVAIL
La tournée a débuté au siège de Rawbank, dans la commune de la Gombe. Le ministre y a échangé avec le directeur général adjoint, Christian Kamanzi Muhindo, ainsi qu'avec des travailleurs afin de s'enquérir directement de leurs conditions de travail.
La délégation s'est ensuite rendue sur un important chantier de construction conduit par l'entreprise Blue Origin Investissement, où un immeuble de 17 niveaux est en construction à proximité de l'hôtel Rotana.
Sur place, le ministre dit avoir constaté plusieurs situations préoccupantes concernant notamment les conditions de travail des employés congolais. Des travailleurs ont fait état de l'absence de contrats de travail directs avec leur employeur, certains étant recrutés par l'intermédiaire de services de placement du personnel.
Ferdinand Massamba a également dénoncé des pratiques salariales qu'il juge contraires aux dispositions en vigueur, affirmant que certains travailleurs congolais seraient encore rémunérés sur la base de l'ancien salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) de 13 000 francs congolais par jour, alors que le nouveau taux est fixé à 21 500 francs congolais.
À cela s'ajouteraient, selon les témoignages recueillis sur place, l'absence de restauration, de couverture médicale et de transport pour certains travailleurs.
" ILS TRAVAILLENT DANS L'ILLÉGALITÉ "
La présence du ministre sur le chantier a également donné lieu à un constat concernant des travailleurs expatriés. Selon Ferdinand Massamba, certains auraient tenté de quitter les lieux à l'arrivée de la délégation.
" Le constat est très amer, surtout dans le domaine de la construction. Il y a même des expatriés qui ont pris la fuite en me voyant. Mais quelques instants après, on les a ramassés. Ils n'ont pas de cartes de travail. Ils travaillent dans l'illégalité ", a-t-il déploré.
Ferdinand Massamba entend faire respecter les dispositions légales relatives à l'emploi de la main-d'œuvre étrangère, tout en renforçant la protection des travailleurs congolais.
Après la Gombe, la délégation ministérielle s'est rendue dans la commune de Kintambo, où elle a inspecté les conditions de travail au supermarché Moni Shop. La ronde s'est achevée à l'hôtel Golden Tulip, situé dans l'enceinte de la Cité Oasis, à Bandalungwa.
DES CONTRÔLES RÉGULIERS
Pour Ferdinand Massamba, cette opération ne constitue qu'une étape d'un dispositif appelé à se poursuivre. Le ministre annonce des contrôles réguliers et une implication accrue de son cabinet et de l'Inspection du travail.
" La suite, c'est chaque semaine. Nous allons nous impliquer personnellement avec Mme l'IGT, les inspecteurs et l'équipe de mon cabinet pour mettre de l'ordre dans le secteur du travail ", a-t-il assuré.
Cette démarche s'inscrit, selon le ministre, dans la volonté de faire respecter les orientations données par le président Félix-Antoine Tshisekedi lors de différentes réunions du Conseil des ministres sur la protection de l'emploi national et le respect de la législation du travail.
UN NUMÉRO VERT POUR DÉNONCER LES VIOLATIONS
Pour renforcer le dispositif, le ministre de l'Emploi et du Travail annonce également la mise en place prochaine d'un numéro vert destiné à recueillir les dénonciations relatives aux violations des droits des travailleurs.
Ce mécanisme devrait permettre à la population, mais aussi aux organisations professionnelles d'employeurs et de travailleurs, de signaler les situations jugées contraires à la législation.
Avec cette nouvelle offensive, le ministère entend renforcer le contrôle des entreprises, lutter contre les pratiques illégales et améliorer les conditions de travail de la main-d'œuvre nationale.
Le message de Ferdinand Massamba est désormais clair : les contrôles vont se poursuivre et les employeurs en infraction devront répondre de leurs actes devant les mécanismes prévus par la loi.
FDA