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Correcteurs, compositeurs… menacent de boycotter en cas de non-paiement de leurs primes
La session de l’Examen d’État 2022 -2023 aura-t-elle lieu? La question vaut la peine d’être posée au regard de la position ferme des correcteurs de cette importante épreuve nationale. Le vendredi 9 juin, à l’occasion d’un sit-in organisé devant l’imprimerie où se déroule la correction des items, dans l’enceinte de l’ITI/Gombe, ils ont exprimé leur colère suite aux promesses non tenues par le gouvernement.
Selon eux, les intervenants de l’Examen d’État, session 2021-2022, à savoir les correcteurs, les compositeurs et autres secrétaires n’ont rien touché de leurs prestations jusqu’à ce jour en dépit des promesses du Gouvernement. C’est pourquoi, ils ont menacé de boycotter ces épreuves. Ils ont déclaré haut et fort qu’il n’y aura pas la grande session prévue dans quelques semaines, s’ils ne sont pas payés cette année.
En fait, ils refusent d’être pris comme dindons de la farce après les deux ans d’attente sans suite favorable qu’ils viennent de connaître alors qu’ils avaient presté normalement. Les finalistes de cette année-là, a déclaré l’un des inspecteurs correcteurs qui a requis l’anonymat, sont déjà aux études supérieures et prêts à décrocher leur graduat, tandis qu’eux continuent à attendre leurs primes.
En 2023, ces correcteurs ne veulent plus tomber dans le même piège des promesses. Ils brandissent comme preuve le fait qu’avant les épreuves hors-session de cette année, le gouvernement leur avait demandé de travailler avec une promesse ferme d’être payés à la fin de leurs prestations. Mais jusqu’à présent, le Gouvernement n’a pas tenu sa parole. On leur a jeté de la poudre aux yeux en leur demandant d’harmoniser leurs listes pour faciliter le paiement. En dernière minute, déplorent-ils, ils apprennent que ces listes ont disparu au cabinet du ministre de l’EPST. De quoi surchauffer les esprits.
Cette situation surprend plus d’un parent dans la mesure où, à chaque session de l’Examen d’État, un montant colossal est exigé à chaque finaliste avant sa participation à cette épreuve. Au Kwilu, par exemple, alors que la population vit dans une pauvreté extrême, les parents ont été obligés de payer 30.000 FC comme frais de participation à la dissertation et autres épreuves. Question: Où vont tous ces montants récoltés alors que la priorité devait être normalement le paiement des correcteurs, des compositeurs et autres intervenants?
Ce fait démontre une fois de plus qu’il se pose un problème très sérieux de gouvernance dans notre pays. Que les députés qui sont en pleine session soient indifférents face à une telle incurie, prouve à suffisance leur rupture avec le peuple qui les a mandatés à l’Assemblée nationale. Auront-ils le temps de se rattraper et refaire leur image à quelques mois des élections législatives?
En tout état de cause, le gouvernement est appelé à éviter le pire (parce que ce sera la première fois que pareil couac survient dans l’histoire de l’Examen d’État depuis son instauration en 1967). Ce ne sont pas les moyens qui manquent pour payer tous les intervenants dont les droits sont bafoués depuis deux ans. Muke MUKE