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*“ _Félix Tshisekedi veut tuer les opposants. Nous continuerons le combat_ ” , a déclare Fayulu
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ASSEMBLÉE NATIONALE, Les députés donnent leur quitus au référendum !
Au travers ce vote, le débat sur le troisième mandat du Président F.Tshisekedi est désormais lancé.
En RDC, le débat institutionnel vient de changer de dimension. Avec l’adoption à l’Assemblée nationale du projet ouvrant la voie à un référendum, le pouvoir ne se contente plus d’occuper le terrain politique : il en redessine les contours.
À Kinshasa, la lecture de cette séquence dépasse largement celle d’une simple consultation populaire. Pour ses partisans, il s’agit d’un passage démocratique par les urnes. Pour ses détracteurs, c’est un verrou institutionnel qui saute et peut-être, avec lui, le plafond politique qui limitait jusqu’ici l’horizon présidentiel.
Le mot « référendum » s’est imposé au centre du débat. Mais derrière lui, un autre mot circule avec plus d’insistance encore dans les couloirs politiques : troisième mandat.
TSHISEKEDI PLUS FORT QUE JAMAIS, UNE MAJORITÉ EN ORDRE DE MARCHE
Le timing n’a rien d’anodin. Depuis sa réélection, il apparaît comme le centre de gravité incontesté du pouvoir congolais. L’exécutif lui est acquis. Le Parlement lui est favorable. La majorité déroule. Et l’agenda politique suit son rythme.
Le vote du Palais du Peuple en est la démonstration la plus récente. Derrière le discours officiel sur la réforme des institutions, l’efficacité de l’État et l’adaptation des textes aux réalités du pays, beaucoup voient surtout une architecture politique plus ambitieuse : celle d’une reconfiguration du pouvoir susceptible d’accroître les marges de manœuvre du président Tshisekedi.
La Constitution redevient ainsi le cœur battant de la bataille politique congolaise. Et comme souvent en RDC, lorsqu’on touche aux institutions, c’est tout l’équilibre national qui tremble.
UNE OPPOSITION QUI DÉNONCE… MAIS QUI PEINE À BLOQUER
Face à cette avancée du pouvoir, l’opposition proteste. Mais elle peine à imposer le tempo.
Communiqués, dénonciations, prises de parole publiques, appels à la mobilisation : le registre est connu. L’impact, lui, reste limité.
L’opposition semble prisonnière d’un paradoxe brutal : très audible dans la critique, beaucoup moins efficace dans le rapport de force.
Divisée, fragmentée, traversée par des rivalités internes, elle peine à construire un front commun face à une majorité disciplinée et solidement installée aux commandes.
L’appel à la «ville morte», ressort classique de la contestation congolaise, en est le symptôme.
Autrefois capable de figer des villes entières, cette arme politique paraît aujourd’hui émoussée.
À Kinshasa, beaucoup regardent désormais ces appels avec scepticisme.
Parce que la rue a changé.
Parce que la précarité dicte ses propres priorités.
Parce que pour une grande partie de la population, fermer boutique ou renoncer à la journée de travail n’est plus un geste politique c’est un sacrifice économique trop coûteux.
Le résultat est cruel pour l’opposition : la contestation existe, mais elle ne bloque plus.
Et pendant qu’elle tente encore de mobiliser, le pouvoir avance.
Le référendum devient ainsi bien plus qu’un outil constitutionnel. Il devient un instrument politique. Un levier stratégique. Un test de force.
Pour le camp présidentiel, il offre la possibilité de reprendre la main sur l’agenda national, de déplacer le débat et de renvoyer toute contestation au verdict du peuple.
Pour l’opposition, il représente un terrain glissant : s’y opposer frontalement, c’est risquer d’apparaître hostile à la souveraineté populaire ; le laisser avancer, c’est accepter une dynamique dont elle redoute les conséquences.
C’est là toute la puissance et toute la dangerosité de la séquence actuelle. Car au-delà du texte, c’est une bataille de récit qui s’ouvre.
Réforme nécessaire pour les uns. Ingénierie institutionnelle pour les autres. Consultation démocratique d’un côté. Rampe de lancement politique de l’autre.
FAYULU ALERTE, MWANDO MET EN GARDE : LE FRONT DU REFUS SE DURCIT
Dans l’opposition, plusieurs voix montent déjà au créneau. Lors d’un Space sur X organisé par le journaliste Stanis Bujakera, Martin Fayulu a vivement critiqué la trajectoire engagée par le pouvoir, liant la question institutionnelle à la crise sécuritaire dans l’Est.
Pour le leader de Lamuka, engager un processus référendaire alors qu’une partie du territoire échappe encore à l’autorité de l’État relève d’un contresens politique majeur.
Il estime qu’un tel scrutin, organisé alors que des populations vivent sous occupation rebelle dans l’Est du pays, poserait un sérieux problème de représentativité nationale.
Même tonalité chez Mwando, qui y voit un risque politique majeur pour l’unité nationale.
Pour ces figures de l’opposition, la priorité ne devrait pas être la révision des règles institutionnelles, mais la restauration pleine et entière de la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire.
En toile de fond, la guerre à l’Est continue ainsi de peser sur chaque débat national y compris constitutionnel.
LA BATAILLE PARLEMENTAIRE EST TERMINÉE, LA BATAILLE POLITIQUE COMMENCE
Une chose est désormais certaine : le référendum a déplacé le centre de gravité politique du pays.
Ce qui n’était encore qu’une hypothèse est devenu un débat national. Ce qui relevait du commentaire entre désormais dans le champ du possible.
La question n’est plus seulement de savoir si le référendum aura lieu. La vraie question devient ce qu’il changera dans les institutions, dans l’équilibre du pouvoir et dans la trajectoire politique.
Le Palais du Peuple a voté. Mais c'est désormais dans la rue, dans l'opinion et dans l'histoire politique congolaise que se jouera la suite.
La bataille parlementaire est peut-être derrière. La bataille politique, elle, ne fait que s'ouvrir.
FDA