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ACCULE PAR LES SANCTIONS DE WASHINGTON, Kigali prêt à retirer ses troupes sous conditions
* Alors que Kinshasa se frotte les mains, le régime de Paul Kagame appelle la RDC à cesser tout soutien aux FDLR.
Un tournant diplomatique semble s'esquisser dans la crise sécuritaire qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué officiel publié hier lundi 2 mars, le gouvernement du Rwanda affirme être "pleinement engagé à désengager ses forces", conditionnant toutefois ce retrait à la mise en œuvre, par Kinshasa, de ses propres engagements.
Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions, après l'annonce de sanctions américaines visant Kigali. Les autorités rwandaises dénoncent des mesures "unilatérales" prises par les États-Unis, qu'elles jugent injustes et déséquilibrées dans l'approche du conflit.
Dans son communiqué, Kigali précise que le désengagement de ses forces se fera en tandem avec l'application des obligations souscrites par la RDC, notamment celles relatives à la neutralisation des groupes armés actifs dans l'Est congolais.
Le Rwanda accuse, par ailleurs, la coalition congolaise d'inclure des mercenaires étrangers et des milices, notamment les FDLR, qu'il considère comme une menace persistante pour sa sécurité nationale. Kigali rappelle que, selon lui, Kinshasa s'était engagée, dans le cadre des accords de Washington, à mettre fin à tout soutien à ces groupes armés.
PRESSION INTERNATIONALE
La déclaration rwandaise marque la première reconnaissance explicite d'un possible retrait militaire, même si celui-ci reste soumis à des conditions strictes. Pour plusieurs observateurs, il s'agit d'un signal diplomatique fort envoyé à la communauté internationale, alors que la pression s'intensifie autour du conflit.
À Kinshasa, cette annonce pourrait être perçue comme une victoire diplomatique partielle, mais les autorités congolaises n'ont pas encore officiellement réagi à cette prise de position.
Alors que les affrontements se poursuivent dans certaines zones de l'Est congolais, la perspective d'un désengagement progressif des forces rwandaises pourrait ouvrir la voie à une relance effective du processus de paix. Kigali affirme soutenir la reprise des mécanismes conjoints de suivi et appelle à une approche équilibrée de la part des partenaires internationaux.
Reste à savoir si cette main tendue conditionnelle débouchera sur une véritable désescalade sur le terrain ou si elle reste une stratégie visant à distraire Washington qui se montre de plus en plus déterminé à mettre fin aux atrocités. César IPOKA