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Grand Bandundu : après quatre ans de violences, le gouvernement revendique des avancées sur le front de la paix
Le gouvernement congolais affirme avoir réalisé des progrès significatifs dans la pacification du Grand Bandundu et la restauration de l’autorité de l’État dans plusieurs espaces autrefois affectés par les violences liées au conflit Teke-Yaka et à la milice Mobondo. L’annonce a été faite lundi 17 août par le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Eliezer Ntambwe Mposhi, lors d’un briefing presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Placée sous le thème « Pacification et restauration de l’autorité de l’État dans les espaces jadis occupés par les Mobondo dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa », cette rencontre a permis au gouvernement de dresser un état des lieux des opérations menées dans cette partie du pays, tout en revenant sur les efforts engagés en matière de démobilisation et de réinsertion.
Selon Eliezer Ntambwe Mposhi, plusieurs localités ont progressivement retrouvé un climat plus stable à la faveur des missions de sensibilisation et de pacification conduites sur le terrain. Les axes routiers nationaux RN1 et RN17, longtemps affectés par l’insécurité, sont notamment redevenus fréquentables, facilitant la circulation des personnes et des biens entre plusieurs territoires du Grand Bandundu.
Le ministre délégué a cité plusieurs zones visitées au cours des différentes missions, notamment dans les environs de Maluku, N’sele, Kwamouth, ainsi que dans plusieurs villages du Bandundu. Ces déplacements, a-t-il expliqué, ont permis d’établir un contact direct avec les communautés et de convaincre des porteurs d’armes de renoncer à la violence.
« IL N'Y A PLUS DE PERPÉTRATIONS »
Sur le volet sécuritaire, le ministre s’est voulu rassurant, tout en reconnaissant que certains foyers d’insécurité subsistent.
« Les points d’insécurité ne manquent pas, mais il n’y a plus de perpétrations », a-t-il déclaré, mettant en avant l’évolution positive enregistrée sur le terrain.
L’objectif, insiste-t-il, ne consiste pas uniquement à faire taire les armes, mais à permettre à l’État de reprendre durablement ses prérogatives dans les zones concernées. Cette restauration de l’autorité publique nécessite, selon lui, l’implication coordonnée de plusieurs institutions et ministères.
Eliezer Ntambwe Mposhi a également précisé que sa mission ne consiste pas à procéder à des arrestations. Son mandat porte principalement sur la sensibilisation, la démobilisation et la réinsertion des personnes ayant pris les armes.
« La mission que j’ai reçue du commandant suprême, c’est d’aller sensibiliser ceux qui étaient dans les brousses à déposer les armes », a-t-il expliqué, assurant que la majorité des anciens porteurs d’armes contactés ont choisi de collaborer au processus de retour à la paix.
LES ENQUÊTES TOUJOURS EN COURS POUR IDENTIFIER LES AUTEURS
Interrogé sur l’identité des personnes qui auraient instrumentalisé les Mobondo pour commettre des atrocités dans le Grand Bandundu, le ministre a refusé de tirer des conclusions avant l'aboutissement des investigations.
Il a indiqué que des enquêtes sont en cours avec les services compétents et que leurs résultats devront être transmis aux autorités judiciaires habilitées à en tirer les conséquences.
Le ministre a, par ailleurs, rejeté l’idée selon laquelle les Mobondo seraient majoritairement constitués d’anciens militaires démobilisés. Il reconnaît toutefois que certains anciens militaires ont pu rejoindre ce mouvement, tout en soulignant qu’il s’agit d’une réalité beaucoup plus complexe, impliquant plusieurs catégories et familles.
UNE NOUVELLE ÉTAPE POUR LES ANCIENS COMBATTANTS
Au-delà du dossier Mobondo, le briefing a également permis à Eliezer Ntambwe Mposhi de présenter les principales actions engagées en faveur des anciens combattants.
Le ministre a notamment évoqué l’identification de cette catégorie, la récupération et la sécurisation de leurs biens, ainsi que la mise en place d’initiatives sociales telles que les cantines populaires et les soins de santé à domicile.
Il a surtout mis en avant le projet de loi portant statut des anciens combattants, qu’il considère comme une avancée majeure pour une catégorie longtemps restée sans cadre légal spécifique.
Le texte a déjà été déclaré recevable par l’Assemblée nationale et doit poursuivre son parcours parlementaire avant son éventuel examen par la seconde chambre.
« ATTENDEZ À TABLE »
Face aux interrogations sur la stratégie gouvernementale destinée à empêcher les récupérations politiques des conflits communautaires, Eliezer Ntambwe Mposhi a défendu une approche fondée sur l’action de l’État plutôt que sur les polémiques politiques.
Il a rappelé que le conflit Teke-Yaka, déclenché en 2022, a résisté à plusieurs initiatives de règlement avant l’intensification des efforts gouvernementaux récents.
Selon lui, les résultats obtenus après plusieurs mois de travail témoignent de l’efficacité de la stratégie mise en place, tout en appelant à la patience pour la suite du processus.
« Attendez à table et nous allons vous montrer », a-t-il lancé, en substance, pour signifier que le gouvernement entend poursuivre son action jusqu’à la consolidation de la paix et au rétablissement complet de l’autorité de l’État.
Dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa, l’enjeu est désormais de transformer l’accalmie sécuritaire en paix durable. La démobilisation, la réinsertion des ex-combattants, la reprise des activités économiques et le retour effectif des services publics constituent les prochaines étapes d’un processus dont le gouvernement veut faire un modèle de restauration progressive de l’autorité de l’État.
Jérémie ASOKO