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Carte d'identité pour citoyen: Vivement l'interpellation du DG de l'Onip
Les années, les mois et les jours passent sans que l'Office national d'identification de la population (Onip) ne fixe l'opinion sur ce qui se passe exactement autour de la carte d'identité. Depuis que le président de la République a été capturé et obtenu sa carte, la machine semble grippée au point de ne plus produire aucune autre carte d'identité. Alors que le reste des citoyens s'attendait à être servi, l'Onip est resté aphone jusqu'à cet instant. Plus intrigant et même révoltant est le fait qu'aucune explication n'est donnée à la population pour justifier ce blocage dans le processus qui a si bien commencé avec le chef de l'État.
Il est inadmissible et incompréhension que les Congolais soient sans carte d'identité ! Pourtant, cette pièce est le document de base du citoyen d'un pays. Même sous la IIème République où les choses marchaient elles marchaient, les ex-Zaïrois disposaient de cette pièce maîtresse. En cette période où le pays est plus que menacé de balkanisation, le risque de fraude de la nationalité est plus que grand. C'est pourquoi, le comportement des responsables de l'Onip qui banalisent cette situation exige qu'ils soient interpellés pour éclairer la lanterne des Congolais.
Voilà un dossier qui relève de la compétence des députés, dans le cadre de leurs prérogatives de contrôle parlementaire. Pourquoi ne s'en saisiraient-ils pas ? Mais curieusement, aucun élu n'ose jusqu'à ce jour poser une question avec débat au DG de cet office. D'aucuns ne cessent de s'interroger sur cette indifférence face à un dossier aussi chaud.
Pas normal que des décennies la carte d'électeur serve de carte d'identité
Il n'est pas normal que durant plusieurs années la carte d'électeur serve de carte d'identité à des citoyens que sont les Congolais d'un grand pays aux dimensions continentales.
Dans quelque deux ans, les Congolais vont être de nouveau appelés aux urnes. L'État va encore, de nouveau, décaisser des fonds colossaux pour organiser l'opération d'identification des électeurs à qui on va octroyer des cartes qui ne serviront qu'au vote. Et cet exercice va se répéter ainsi à chaque cycle électoral. Nous risquons de nous accommoder ainsi des années et des années de cet état des choses, au point de la considérer comme normal.
Il y a peu, le président de la République a stigmatisé la pléthore des services budgétivores dont il souhaitait d'ailleurs la suppression. Objectivement, l'Onip compte parmi ces services, du reste, inutiles à l'Etat pour lesquels le Trésor public décaisse des fonds. Cette charge peut être d'ailleurs confiée au service d'état civil qui opère dans les communes. Il peut bien récolter les données démographiques à la base pour délivrer par la suite les cartes d'identité aux ayants droits. Sous cette formule, le Trésor public ne dépenserait pas autant comme il le fait actuellement avec l'Onip. Nous craignons que son personnel soit en train de se tourner les pouces.
Pour revenir à la préoccupation du chef de l'État concernant les services budgétivores, il est regrettable de constater que la mesure portant leur suppression n'a pas encore connu son début d'exécution. Mais entretemps, ils continuent à être financés par le Trésor public, au détriment des investissements dans les services sociaux de base et des infrastructures.
C'est dans ce genre de situation que les députés, en tant qu'autorité budgétaire, doivent se manifester et montrer leur compétence et leur importance pour le pays et justifier les émoluments colossaux qu'ils perçoivent.
Muke MUKE