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Aucun procès n’a été ouvert, sept ans après l'assassinat de Thérèse Kapangala, déplore sa famille
Sept ans après le tragique assassinat de Thérèse Kapangala Déchade Mwanza, la mémoire de cette jeune martyre de l’alternance et de la démocratie reste vive dans les cœurs. Le mardi 21 janvier, une messe commémorative a été célébrée en son honneur à la paroisse Saint-François de Sales, à Kinshasa, à l’initiative de sa famille et du mouvement politique Sursaut National.
Cette cérémonie a été l’occasion de raviver l’appel à la justice et au respect des principes démocratiques qui ont coûté la vie à cette jeune aspirante religieuse.
Dans une intervention empreinte d’émotion, Jean-Claude Kapangala, frère de la défunte, a relaté les circonstances qui ont conduit à la mort de sa sœur.
Thérèse Kapangala, alors âgée de 24 ans, avait rejoint une manifestation pacifique organisée pour défendre la Constitution et protéger la démocratie. Son assassinat, à l’entrée de l’église Saint-François de Sales, symbolise l’ultime sacrifice dans la lutte contre «l’autoritarisme».
Manque de progrès dans la quête de justice
«Il y a exactement sept ans, le 21 janvier 2018, au sein de cette même paroisse, notre chère sœur Thérèse était tragiquement assassinée par les ennemis de la démocratie. Ces derniers tentaient désespérément de confisquer le pouvoir politique en tripatouillant la Constitution pour se pérenniser au pouvoir», a-t-il déclaré devant une assemblée recueillie.
Face à ce projet funeste, poursuit-il, l’Église catholique, l’opposition, y compris ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, et la société civile avaient uni leurs forces pour mobiliser la population et faire barrage à cette tentative».
Le frère de la défunte exprime sa douleur face au manque de progrès dans la quête de justice. En effet, selon lui, sa famille nourrissait de grands espoirs après l’arrivée au pouvoir de Felix Tshisekedi qui, à l’époque, alors opposant, combattait aux côtés de la population pour le respect de la Constitution. Mais, à en croire, Jean-Claude Kapangala, cet espoir s’est transformé en déception.
«Je regrette aussi que six ans depuis qu’ils sont au pouvoir, aucun procès n’a été ouvert pour que justice soit faite en faveur de ma sœur», a-t-il déclaré avec amertume.
«Nous avons espéré un changement, un souffle nouveau. Nous pensions, à tort, que le gouvernement, se revendiquant de l’État de droit, nous aiderait à obtenir justice pour Thérèse Kapangala et pour nos martyrs de l’alternance. Malheureusement, cette quête de justice reste vaine à ce jour», a regretté Jean-Claude Kapangala.
un affront à la mémoire de la défunte
Pour la famille Kapangala, l’actuel projet de modification de la Constitution par le régime en place est perçu comme un affront à la mémoire de Thérèse et à tous ceux qui ont perdu la vie pour défendre la démocratie.
Face à ces menaces perçues contre l’ordre républicain, la famille Kapangala s’aligne aux côtés du Sursaut National pour rejeter tout projet de changement de la Constitution ou toute tentative de briguer un troisième mandat présidentiel.
«La RDC est une République, et l’heure des empires et royaumes est révolue. Nous invitons la population à faire entendre sa voix et à rappeler aux gouvernants que le respect de la Constitution est une obligation, non un choix», a martelé Jean-Claude Kapangala.
Des témoignages
La messe a également été marquée par des témoignages en l’honneur de Thérèse, reconnue comme un symbole du courage et de l’engagement citoyen. Son sacrifice demeure une inspiration pour les défenseurs des droits et libertés fondamentaux en République démocratique du Congo.
L’abbé Destin Basonga évoque une mort orchestrée par la «soif effrénée du pouvoir» du régime passé.
«Regardez cette jeune fille, victime et innocente de notre cupidité, de notre manque de professionnalisme, de notre avarice, de notre soif effrénée du pouvoir», a-t-il dit, rappelant la violence brutale et l’implacable brutalité qui caractérisait cette période-là.
Le Sursaut National et la famille Kapangala ont réitéré leur détermination à continuer le combat pour la justice et le respect des valeurs républicaines, tout en dénonçant les dérives autoritaires du pouvoir en place.
«Le meilleur hommage que nous puissions rendre à Thérèse est de poursuivre son combat pour une RDC démocratique, où le sang des martyrs n’aura pas été versé en vain», a conclu le mouvement.
Cette cérémonie a rassemblé de nombreuses figures politiques comme Martin Fayulu, Rodrigue Ramazani, ainsi que des fidèles et militants. Tous étaient venus rendre hommage à celle que beaucoup considèrent aujourd’hui comme une martyre.
Christian-Timothée MAMPUYA