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Assemblée nationale : une "pétition alimentaire" pour descendre Kamerhe du Perchoir!
A quelque 7 jours de la rentrée parlementaire, l'ambiance est délétère à l'Assemblée nationale. Renseignement pris, une motion de défiance, initiée par un groupe de députés à l'encontre de Vital Kamerhe, président de la Chambre basse du Parlement, et les autres membres du bureau, empeste l'atmosphère.
Grief formulé à leur endroit: une gestion opaque. A en croire l'un des députés frondeurs, Crispin Mbindule, la motion contre Vital Kamerhe compterait déjà plus de 130 signatures. "Ce qui dépasse largement le minimum requis pour obtenir sa révocation", a fait savoir Mbindule dans un entretien à Jeune Afrique.
Entre la sortie médiatique de l'élu de Butembo et les échos captés depuis le Palais du peuple, il est noté une nette différence. A la vérité, les députés pétitionnaires reprochent au président de l'Assemblée nationale de n'avoir pas tenu promesses. A savoir : augmenter les émoluments des députés nationaux notamment pour ce qui est des "invisibles" et offrir à chaque élu un véhicule neuf.
"La promesse est une dette", aurait lancé, lors d'une réunion de préparation de la fronde, un des auteurs de la motion, remonté contre Vital Kamerhe pour n'avoir pas tenu ses engagements.
Les habitués du Palais du peuple ne sont pas tous de l'avis des frondeurs. Ces derniers, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, critiquent Mbindule et ses collègues d'exiger des avantages indus au détriment de la population, faisant fi du contexte socio-sécuritaire actuel qui demande des dépenses énormes et impose une réduction du train de vie des institutions.
Elu président de l'Assemblée nationale en juin 2024, Vital Kamerhe se mettait à peine au travail que la situation s'est empirée dans l'Est du pays avec la prise des villes de Goma et Bukavu début 2025, doublée de la mort du gouverneur militaire du Nord-Kivu... Dans la foulée de ces événements tragiques, ponctués par la mort des milliers de Congolais, le Président de la République a ordonné la réduction du train de vie des institutions, entrainant, ipso facto, la diminution des salaires des membres des cabinets politiques, la suspension des missions non essentielles à l'étranger, etc. Cette mesure a permis au Gouvernement de doubler la solde des militaires afin de les motiver à défendre davantage le territoire national face aux agresseurs.
"Comment, dans ces conditions, demander à Kamerhe d'aller à l'encontre de la décision du Chef de l'Etat en offrant jeeps et augmentant les émoluments aux députés nationaux ?", s'est interrogé un habitué des travées du Palais du peuple, déplorant la machination orchestrée par ces députés dont la plupart sont réputés "véreux et trouble-fêtes".
"Si leur démarche est pour la bonne cause, pourquoi corrompre les députés en achetant leur signature au prix fort de 2.000 dollars américains?", s'est-il encore interrogé.
Sur le plan politique, renverser Kamerhe, alors que l'Est du pays est toujours en proie à l'insécurité, revient à donner des béquilles aux rebelles, analyse un acteur politique.
"Outre Kamerhe, Sama Lukonde est aussi visé par une motion similaire au Sénat. Les deux leaders appartiennent à l'espace swahiliphone, Kamerhe dans le Kivu et Sama, le Katanga. Les faire tomber donnera du crédit à la thèse des rebelles selon laquelle le régime Tshisekedi fait la chasse aux swahiliphones", a-t-il avancé.
Vital Kamerhe, resté fidèle au Président Félix Tshisekedi, a laissé tomber l'une des clauses majeures de l'Accord de Nairobi qui faisait de lui le candidat naturel de CACH à la présidentielle de décembre 2023. Il a tu ses ambitions présidentielles, estimant que le fils du Sphinx de Limete est l'homme de la situation pour sortir la RDC de cette crise sécuritaire, longue de plus de 3 décennies, rappellent certains de ses proches.
Mais ce n'est pas tout. Le speaker de la Chambre basse a été l'un des premiers à dénoncer le Rwanda et très actif dans la diplomatie parlementaire afin d'accompagner la vision et le combat du Chef de l'Etat pour résoudre durablement et définitivement l'épineuse équation de l'insécurité dans l'Est du pays.
"Aujourd'hui, ces députés veulent ignorer tous les efforts fournis par Kamerhe et tenter de le séparer du Président de la République en l'évinçant du perchoir. Agir de la sorte, ce sera renforcer les rangs de l'Opposition alors que des enjeux politiques cruciaux pointent déjà à l'horizon", a fait remarquer un autre analyste.
Que va-t-il se passer ? Faut-il s'attendre au départ de Vital Kamerhe de la tête de l'Assemblée nationale? La question taraude les esprits. En attendant la réponse, les esprits les plus lucides remettent en question les chiffres avancés tambour battant par Crispin Mbindule, un ancien protégé de Kamerhe. Ils attendent des preuves matérielles irréfutables des signatures déjà récoltées avant d'accorder le moindre crédit à ce qu'ils qualifient de "motion alimentaire".
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