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Affaire Frivao: Ouverture du procès
* Le ministre de la Justice a instruit le PGCCAS Firmin Mvonde Mambu d’enquêter sur le dossier du documentaire réalisé par la société Divo SARL.
Le procès relatif au présumé détournement de fonds publics au sein du Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (Frivao) s’est ouvert hier mardi 21 avril devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe. A la barre, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur du Frivao.
Nommé à l’époque par l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, l’ancien coordonnateur du Frivao, Chançard Bolukola, comparait devant la Cour pour détournement présumé de plusieurs millions de dollars.
L’opinion nationale reste très attentive à ce procès retentissant qui marque une étape importante dans l’examen de la gestion de ce mécanisme que le Gouvernent a mis en place en vue d’indemniser les victimes de la guerre dite des six jours. Ce conflit armé avait vu s’affronter, à Kisangani, deux armées étrangères : ougandaise et rwandaise, du 5 au 10 juin 2000.
A charge de l’ancien numéro un du Frivao, l’attribution de manière opaque des marchés publics à des entités économiques dont l’existence réelle est mise en doute par la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe.
PLUSIEURS TEMOINS ENTENDUS
Au cours de l’audience, le ministère public a soulevé plusieurs zones d’ombre. Dans ses déclarations, le prévenu Chançard Bolukola,a été incapable d’identifier les adresses ainsi que les responsables de deux entreprises ayant bénéficié de plus de deux millions de dollars sous sa gestion. Ce qui paraît inadmissible pour un responsable ayant géré plusieurs millions de dollars. Il s’est montré très évasif, se contentant d’indiquer qu’une société se trouverait «non loin de ShowBuzz, à Socimat» dans la capitale Kinshasa. Ainsi, face à ces lacunes très graves, la magistrate a relevé l’absence totale de preuves matérielles attestant de l’existence de ses structures, les qualifiant de «sociétés fictives».
L’audience inaugurale a permis d’entendre plusieurs témoins clés dans cette affaire scabreuse. C’est le cas de Teddy Lwamba, directeur général de la Snel en qualité de renseignant, l’ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Electricité, ainsi que des représentants de la société Divo SARL adjudicataire d’un contrat portant sur la réalisation d’un documentaire lié au projet Genocost (Génocide pour des gains économiques), consacré à la mémoire du génocide à visée économique. Toutefois, l’exécution de ce marché aurait été entachée de nombreuses irrégularités, notamment l’absence de livrables conformes aux engagements contractuels, des violations présumées des règles de gestion des finances publiques, ainsi que des manquements aux procédures de passation des marchés publics.
Ces auditions visaient à éclairer les circuits de décision et les processus de passation des marchés au sein du Frivao
LISTES DES BENEFICIAIRES REMISES EN QUESTION
Il est à noter que les débats dudit procès se déroulent dans un climat marqué par de vives inquiétudes sur la gestion des fonds alloués au Frivao. Aux yeux de bien des observateurs, ce dossier est perçu comme un possible scandale majeur, impliquant des ressources destinées à des victimes de guerre, supposément détournées à des fins personnelles.
Parallèlement à cette procédure judiciaire, le Gouvernement, par l’entremise du ministère de la Justice et Garde des Sceaux, avait décidé de suspendre le processus d’indemnisation. Cette mesure vise à renforcer la transparence et à corriger les irrégularités relevées, notamment celles liées aux listes de bénéficiaires, dont la fiabilité est aujourd’hui remise en question.
Sur un total de 194 millions de dollars mobilisés pour le Frivao, près de 28 millions avaient déjà été décaissés avant la suspension du programme. L’affaire a été renvoyée au vendredi 24 avril 2026 pour la poursuite de l’instruction.
Dans ce contexte, l’action du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, est fort attendue. Lui qui a fait de la lutte contre l’impunité, la corruption, les détournements de fonds publics, bref les antivaleurs, son cheval de bataille, ne va pas lésiner sur les moyens pour s’attaquer à ce dossier défrayant l’actualité.
A ce sujet, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, n’a pas attendu pour instruire le chef l’action publique afin d’ouvrir des enquêtes sur le contrat entre le Frivao et le Divo SARL pour la réalisation d’un documentaire sur la guerre des Six jours à Kisangani. En effet, Divo SARL avait réalisé un documentaire de six minutes dans le cadre du Génocost pour un coût jugé extrêmement cher.
«Les informations disponibles sur le contrat laissent apparaître de fortes présomptions d’irrégularités, notamment le décaissement de plus d’un million de dollars américains, dont une partie demeure sans justification ; l’absence de livrables conformément aux stipulations contractuelles ; des violations manifestes des règles de gestions des finances publiques et de passation des marchés», a souligné le cabinet du ministère de la Justice.
Connu pour son intransigeance face aux atteintes à la fortune publique, il veille à ce que toute la lumière soit faite dans ce dossier, afin que les responsabilités soient clairement établies et que les auteurs de telles infractions répondent de leurs actes conformément à la loi.
Kléber KUNGU