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Sortir des ambiguïtés diplomatiques
Kinshasa à nouveau à l’heure de la SADC ! Une bonne nouvelle ! Que d’heureux souvenirs avec cette organisation sous régionale ! A l’appel du Président Kabila-père, trois des pays phares de la SADC -Zimbabwe, Angola et Namibie- avaient joué un rôle décisif dans la mise en échec de la tentative de vassalisation par procuration de la RDC par ses trois agresseurs dont le Rwanda et l’Ouganda. A contre-courant de la dynamique entretenue par certains » grands de ce monde » particulièrement bienveillants à l’endroit du binôme Kigali-Kampala et de la rébellion de témoignage dénommée RCD, la SADC sous l’impulsion des présidents Mugabe et Dos Santos contribuera à changer le cours de la chronique d’une balkanisation visiblement programmée. Près d’un quart de siècle plus tard, les démons -les mêmes-de la déstabilisation de la RDC par l’Est ne s’avouent toujours pas vaincus.
A Kinshasa, pendant ce temps beaucoup d’eau a coulé sous le pont sur fond de vagues qui n’assurent pas toujours au bateau RDC un cap conforme à ses intérêts fonciers du pays. Lesquels ne coïncident pas forcément avec les rentes carriéristes des dirigeants.
Vivement donc un aggiornamento diplomatique à l’aune des intérêts nationaux. Cela passe par un ancrage clair et net dans l’espace SADC. Cela postule aussi un rééquilibrage du positionnement diplomatique de Kinshasa dicté par la realpolitik.
Le tropisme occidental du pouvoir Fatshi n’a pas donné les résultats escomptés. Du moins jusqu’à ce jour. Miroir aux alouettes ? Marché des dupes ? Cela y ressemble fortement.
Porté par le tandem Pham-Hammer, le » partenariat stratégique pour la paix et la prospérité » peine à se poser en alternative concrète à l’axe Beijing-Kinshasa qui, quoi qu’on en dise, a le mérite de charrier du concret. Mise quelque peu en berne, la coopération sino-congolaise s’impose à nouveau comme la seule planche de salut pour un bilan palpable -infrastructures- à l’horizon 2023.
Le vote à l’ONU contre la Russie dans son conflit avec l’Ukraine n’a pas non plus conforté la position de la RDC dans le camp occidental. Le retour sur investissement n’est pas au rendez-vous. Pire, c’est à peine si Kinshasa n’est pas payé en monnaie de singe.
D’abord avec la résolution onusienne d’inspiration très occidentale qui reconduit de fait l’embargo sur l’achat des armes. Or, avec ces restrictions, impossible pour la RDC de se doter d’une armée capable de protéger son territoire. En particulier, dans le contexte des agressions répétitives du Rwanda notamment. Ensuite, malgré le rapport des experts de l’ONU confirmant la présence des militaires rwandais aux côtés des rebelles du M23, Kinshasa n’est pas davantage soutenu par ceux avec qui, il a condamné » l’invasion de l’Ukraine par la Russie « . Le Pouvoir rd congolais découvre à ses dépens le cynisme des relations entre Etats traduit par ce » deux poids, deux mesures « .
Là aussi, le regard vers la Russie sonne comme le début du réalisme. A preuve, la présence en ce moment à Moscou du ministre rd congolais de la Défense pour solliciter l’appui de … Vladimir Poutine.
SADC, Chine, Russie … sans être des panacées s’avèrent autant d’axes du nécessaire recentrage diplomatique d’un pouvoir qui s’est voulu sans doute plus royaliste que le roi » Occident « .
Reste à se délester d’ambigüités diplomatiques liées à la carrière des dirigeants au profit des positions qui tiennent d’abord compte des intérêts du pays. José NAWEJ